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Strange Spécial Origines 154bisArticle paru dans Strange Spécial Origines 154bis du mois d'octobre 1982

 

Stan Lee raconte les origines des Super-Héroïnes !
D'où l'expression : "Se prendre aux cheveux " !




Mince ! Médusa devrait avoir depuis longtemps son magazine à elle ! Que ni elle ni personne n'y ait jamais pensé tient une fois de plus du prodige métaphysique !


Médusa, donc, apparut pour la première fois dans Fantastic Four n°36. Par la suite, on la vit se déchaîner au sein d'une de mes équipes cosmiques favorites, les inoubliables Inhumains. Souvenez-vous : la bande se composait en ce temps-là de Flèche Noire, le chef, aussi impressionnant par son mutisme acharné que par ses pouvoirs; de Karnak, maître du Kung-Fu avant que ce mot ait acquis ses lettres de noblesse dans nos régions; de Crystal, l'exquise "Elémentale" - oui, bon, d'accord, ça ne veut rien dire mais ça sonne bien - de Triton, l'Amphibien le plus puissant de l'univers après le Prince des Mers; et enfin, de Médusa, ma petite préférée, la "guerrière aux cheveux vivants" : l'expression est sortie de sa propre bouche et n'engage vraiment qu'elle.

En fondant cette admirable cellule sociale, ni Jack Kirby ni moi-même ne nous doutions du degrès de popularité - que dis-je, de célébrité - qu'elle portait en germe. Quelques années plus tard, les coups de feu marvéliens auxquels elle avait pris part ne se comptaient plus. Bref, il devenait inévitable de l'établir dans son propre magazine. Pourquoi aucun des personnages n'a fait bande à part pour se mettre à son compte, c'est ce que je me demande avec effarement à l'heure où je rédige ces lignes. Il paraît impensable que nous ayons loupé ça !

Pour en revenir à notre chevelue de charme, j'avoue avoir un faible pour son pouvoir spécifique. Enfin, quoi, en trente ans de défoulement dans les champs fertiles de ma B.D., j'en ai produit, des louftingues survoltés en tout genre ! Des gars qui volaient ou qui changeaient de forme, des qui traversaient les murs, ds qui chambardaient la structure des molécules rien qu'en les regardant...

L'enfantement de tous ces phénomènes pris en bloc m'a causé moins de plaisir que celui de la seule Médusa. Là, au moins, j'étais certain d'être l'unique mégalomane au monde à écrire les exploits d'une femme armée de... sa tignasse ! L'originalité et la hardiesse du concept ne faisaient pas l'ombre d'un doute !


Le morceau d'anthologie qui va suivre illustre à merveille ma philosophie personnelle à l'égard du beau sexe. La dame qui fait l'objet du scénario a de la volonté et des mobiles clairement établis. Elle vaut largement n'importe quel individu mâle, à moins qu'elle ne le surpasse de cent coudées. Et ceci, notez bien, dès sa première apparition, soit en mars 65. Non seulement Médusa dame le pion à l'Araignée sur le plan de la performance physique, mais elle se montre aussi futée, aussi entreprenante, aussi déterminée que lui ! La façon dont nous la présentons face à notre arachnide de choc ne diffère en rien de l'entrée en scène d'un super quidam au masculin, force vous sera de le constater. Ce qui n'empêche pas Médusa de rester essentiellement féminine, jusque dans sa façon d'acculer le Tisseur à la défaite... Un exploit sur lequel pas mal d'antagonistes - de la Torche Humaine à Doc Fatalis - s'étaient cassé les dents !

Qui pourra dire, après lecture des pièces à conviction, que chez Marvel la femme est une citoyenne au rabais ?

A propos de féminité, au fait, il y a une chose que je voudrais crier bien haut : s'il existe sur terre un individu - ou une "individuse", je ne suis toujours pas sectaire - qui sache dessiner des minois de femmes aussi ravissants que ceux de l'illustrissime John Romita, je ne l'ai pas encore rencontré. D'ailleurs, ici encore, vous pourrez juger sur pièces : l'oeuvre qui suit éclate de chefs-d'oeuvre signés du grand artiste.

Pour la petite histoire - plus spécialement pour les archivistes qui tiendraient un dossier Médusa - j'ajouterai un détail au sujet de l'encreur. Il s'appelle - tournez la page - Mickey Demeo. En bien, si vous voulez tout savoir, il n'y a pas de Mickey Demeo, c'est un nom de plume... pris par le fulgurant Mike Esposito, une des étoiles de l'équipe Marvel. Pourquoi il a jugé utile de se planquer ainsi en la circonstance, le diable seul s'en souvient encore. Tout le monde chez nous a oublié. Mais cette révélation vous en bouche un coin, hein ?

Deux de mes chouchous personnels dans la distribution qui suit : Médusa et le Monte en l'Air... De quoi faire un chef-d'oeuvre ! Allez-y, vous nous donnerez votre avis !


                                                                                               Stan Lee


 
 

 
 
 



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