Fantask 1 en PDF
Comics-Lug sur Facebook



 

Spidermania 77 (Comic Box 46)  (3ème partie)



 

L'ère des licences
 

Dans les années 70, Gérald Forton dessine des BD depuis 25 ans. Un certain nombre de héros qu'il a illustrés (Teddy Ted, Kim Devil ou même le fameux Bob Morgane), ont comme un parfum d'Amérique alors que son parcours est resté jusque-là dans le giron franco-belge, avec des contributions à des magazines tels que Spirou ou Pif. Puis Forton note un changement : "Quand je travaillais pour Pif, nous avons décidé d'arrêter Teddy Ted, qui n'était plus vraiment dans le coup à l'époque. Et ça a été alors une surprise pour moi de voir que Pif achetait une licence pour faire les Mystères de L'Ouest. Vous savez, j'étais surtout un "gun for hire". On me disait qu'on avait besoin de ça, alors je le faisais. Ensuite, j'ai été appelé par les gens de Téléjunior. Eux aussi avaient pris des licences de personnages américains de télévision et comme le journal était axé sur le fait de mettre en BD les héros de la TV, c'est comme ça que j'y suis arrivé". Forton est familier avec les comics, mais le Spider-Man de Téléjunior est sa première série typée super-héros. Il y a cependant un avantage certain par rapport aux autres licences : "A ma connaissance, les Mystères de L'Ouest ne venaient pas du monde de la BD. Pour Spider-Man, au contraire, il y avait des précédents. J'ai pu m'inspirer des auteurs américains. Il était d'ailleurs question qu'on m'envoie directement des USA les scénarios de Spider-Man. Les auteurs américains étaient de bons scénaristes mais sachant que c'était pour le marché européen, ils bâclaient un peu. Si bien que n'ai pas pu les employer parce que ce n'était pas assez bon. J'en suis venu à écrire pas mal d'histoires pour les Mystères et Spider-Man. Comme j'étais en relation avec Marvel, ils m'avaient envoyé des chartes graphiques pour les proportions et le reste. Je me servais de ça comme base...". Forton ne sera pas le seul créateur employé par Téléjunior sur les aventures de Spider-Man. Les responsables de la revue ont une vision internationale et feront par la suite appel (entre autres) à quelques artistes italiens.

 


 

Invasion USA
 

Téléjunior commence alors à envisager un plan plus ambitieux. Puisque le journal ne peut publier que du matériel qu'il a lui-même commandé, pourquoi ne pas en demander directement aux américains ? Gérald Forton est alors aux premières loges : "J'ai commencé à aller aux USA vers la fin des années 70. L'éditeur de Téléjunior voulait ouvrir une antenne la-bas. Il m'avait demandé de m'y rendre pour ouvrir un bureau local, signer éventuellement de nouvelles licences et engager des dessinateurs américains pour fournir du matériel à TJ. J'y ai négocié certaines choses liées à Hanna Barbera par exemple. J'ai bien ouvert le bureau comme prévu mais ça n'a pas eu de suite parce que l'éditeur a fait faillite." Lug perd alors le concurrent qui lorgnait sur Spider-Man (et d'autres héros Marvel d'ailleurs puisque Téléjunior publia aussi quelques histoires de Hulk). Mais l'éditeur de Strange n'en est plus là. D'autres protagonistes sont entrés dans la danse. L'hebdomadaire Télé Poche s'est entre-temps mis à publier les strips de Spider-Man, là aussi vendus par Marvel de manière détournée, s'appuyant sur le fait que ce n'est pas techniquement du matériel de comic-books. La circulation de Télé Poche comme celle de Télé 7 Jours (plusieurs millions de lecteurs), a fait du Chien Omega et de ses strips ainsi que les histoires de Spider-Man les plus lus en France, encore aujourd'hui. Plus tardif et hésitant sans doute à prendre la place laissée vacante par Téléjunior, un dernier magazine s'intéresse à la possibilité de publier Spider-Man et quelques-uns de ses collègues. Le #890 de Pif (avril 1986), est un spécial Super-Héros insistant sur l'image de Spider-Man et de Hulk, mais reste une tentative isolée. Vers la fin des années 80, la première vague de la Spidermania est en effet grandement retombée. "Le Journal de Spider-Man" reste le sous-titre de Strange pendant 12 ans. En 1990, l'Araignée n'attirant plus la concurrence des magazines TV, Strange redevient simplement le "Journal des Super-Héros" et Spider-Man n'a plus qu'a attendre que les films de Sam Raimi le ramènent sur le devant de l'affiche...

 

                                                                                                                                                    Xavier Fournier


 
Voir aussi : Spidermania 1977 (1)  / Spidermania 1977 (2)  / 

 



 
Créé avec Créer un site
Créer un site