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Spidermania 77 (Comic Box 46)  (2ème partie)



 

Le journal de l'Araignée

 

Au point d'être remarqué par les lecteurs de Strange de l'époque, qui, pour certains, s'en inquiètent. Quelques mois plus tard, dans Strange #99, la lettre d'un certain Patrick Jobart est assez explicite sur les réactions des fans de la première heure, obligés de partager leur héros avec les néophytes ramenés par la TV d'une part, et les jeunes lecteurs du chien Omega d'autre part. Inquiet, il espère au moins que les petits lecteurs du Chien Omega deviendront les grands lecteurs de Strange. Mais Télé 7 Jours, c'est déjà de l'histoire ancienne. "Les Petits Juniors" ont donné des idées à d'autres éditeurs. En septembre 1977, tout s'accélère. C'est le moment où Strange (au #93) troque son ancien slogan ("le journal des super-héros"), pour "le journal de l'Araignée" (et tant pis pour Iron Man ou Daredevil, les autres héros qui partagent avec lui les pages du magazine). Dès le numéro 94, Spider-Man a droit à deux épisodes dans chaque numéro de Strange. Officiellement, Lug "devance la censure possible" des Eternels en supprimant la traduction de cette série, arguant que cela permet de passer deux épisodes de Spider-man chaque mois contre un seul auparavant et de rattraper ainsi le retard. Mais Lug n'avait jamais été vraiment préoccupé par ces questions de retard jusqu'ici... D'autant qu'au même moment, il lance la série de grands albums souples trimestriels Une aventure de l'Araignée, en marge de Strange. Bref, Lug passe aux "bouchées triples". Puis l'éditeur prend note qu'il est sans doute le dernier en France à surnommer son héros l'Araignée. La couverture de Strange #95 (novembre 1977) affiche finalement "le journal de Spider-Man", mention qui ne devient régulière sur la revue qu'à partir de mars 1978...

 

Autres prétendants

 

Il faut dire qu'en la face ? la concurrence s'est intensifiée. Car c'est au moment (comme par hasard) où Strange décide de rappeler à ses lecteurs qu'il est le "journal de l'Araignée" plus qu'aucune autre revue arrivant sur le marché. Téléjunior paraît en septembre 1977, le même mois que Strange #93, et propose, comme le nom l'indique, des licences tirées de la télé. Autant de BD inspirées de séries comme les Mystères de l'Ouest ou l'Homme qui valait trois milliards (on retrouve d'ailleurs Norbert Fersen qui dessine les aventures de Goldorak). Et au milieu ? Spider-man ! Cette fois, contrairement au "chien Omega", on parle vraiment de BD et non plus de dessins légendés. De plus, la revue vise les ados, un public qu'on retrouve aussi dans le lectorat de Strange. Enfin, il ne s'agit pas là d'un coup d'essai mais bien d'un titre régulier, bimensuel, qui va durer plusieurs années... Comment ces autres versions de Spider-Man peuvent-elles voir le jour chez Télé Poche et Téléjunior, au nez et à la barbe de Lug ? Marvel a sans doute envie de jouer la pression et de voir qui l'emportera (ou tout simplement de vendre plusieurs fois la licence). Plus simplement, il n'y a pas alors, de réelle notion d'exclusivité (en tout cas incomparable à ce qui se fait de nos jours). En jouant sur les mots, les américains peuvent prétendre que le Spider-Man de Téléjunior n'est pas réellement du matériel de comic-book mais l'adaptation du dessin animé. Et de toute façon, les enchères montent pour récupérer la licence des comics et Lug va jusqu'à New York pour rencontrer les dirigeants de Marvel. Une solution d'apaisement est trouvée : Téléjunior continue mais prend la peine d'insérer des publicités pour Strange, tandis que Lug reste l'ayant-droit du matériel américain de Spider-Man. D'ailleurs, le fait de passer deux fois plus d'épisodes de Spider-Man, comme par hasard, est une manière pour Lug de rester un gros client pour Marvel. Si des groupes de presse de grand envergure, au portefeuille plus large, peuvent sans doute l'emporter sur le plan financier, ils n'ont cependant pas de support leur permettant de passer en un trimestre, 6 épisodes de Amazing Spider-Man dans Strange, un de Marvel Team-Up dans Spécial Strange et 3 à 4 autres épisodes dans l'album souple. Bref, pas moyen de concurrencer Lug sur la masse de matériel américain. Reste la solution de passer sur du sur-mesure : Téléjunior opte donc pour une autre solution, celle de faire produire les aventures de Spider-Man en France par le dessinateur Gérald Forton (petit-fils de Louis Forton, le créateur des Pieds Nickelés et de Bibi Fricotin), qui oeuvrait par ailleurs sur d'autres "bandes" contenues dans la même revue. Sans être un intégriste des comics, il les connaissait bien pour en avoir lu vingt ans auparavant : "Quand la guerre a commencé, j'avais neuf ans. Je lisais les illustrés comme tous les gosses. Ce qui m'a surtout impressionné, c'est après la guerre, quand les américains sont arrivés en Europe et que j'ai eu accès aux comic-books qui étaient distribués aux soldats. Ca a été l'une de mes principales influences... "

 

A suivre


 


Voir aussi : La Spidermania 1977 (1)  / Spidermania 1977 (3)  / 



 
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