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Article paru dans Scarce 49 de 1996Mantis

Mantis  (1ère partie)


De nombreux personnages émaillent le travail d'Englehart d'apparitions réccurentes. Sans doute privilégiée, Mantis, personnage créé pour Avengers au début de sa carrière, lui a donné de fréquents rendez-vous, chez Marvel, mais aussi chez d'autres éditeurs.



Présentée dans Avengers 112, Mantis, dans un premier temps, a tout de l'intrigante orientale : mystérieuse, peu loquace, elle semble à l'affût de quelques mauvais coup... Le plus surpris de cette allure inattendue sera sans doute Steve Englehart lui-même qui, en deux coups de cuillers à pot, redresse le tir, donnant de plus amples consignes à Bob Brown, quant à sa vision du personnage. Mantis revient donc dans Avengers 114, avec un costume qui s'accorde nettement mieux à sa nature, et son mystérieux compagnon, jusque là toujours dans l'ombre, révèle enfin son identité : le Swordsman, ancien ennemi des Avengers qui, depuis Avengers 100, s'essaie à une vie honnête. Rapidement intégrés, les nouveaux venus participent au crossover Avengers/Defenders, avant que les affaires courantes ne reprennent le dessus.


C'est dans le cadre du conflit opposant les héros au Zodiac (Avengers 120-122) que les explications fusent comme amorcées par un détonateur. Un retour sur la carrière récente du Swordsman débouche sur la révélation des origines de Mantis, orpheline élevée dans un temple des prêtres de Pama. Ceux-ci lui enseignent les arts orientaux, incluant la maîtrise du corps et de l'esprit par un lent et difficile apprentissage (c'est bien connu : "long le chemin sera, petit scarabée"...). Quelques années plus tard, la fragile gamine apeurée a fait place à une pulpeuse entraîneuse écumant les bars louches et taquinant le GI en mal de tendresse.


Un mot s'impose sur les prêtres de Pama. Humains, ils sont les héritiers d'un culte introduit par des Krees pacifiques ayant choisi l'exil. Les prêtres de Pama, sur Terre mais aussi sur d'autres planètes ou satellites, notamment Titan, entretiennent une relation religieuse avec les Cotati, sortes d'arbres élevés à l'état de conscience qui les fait agir en fonction du bien cosmique (on le voit, Alan Moore aurait fort bien pu s'inspirer d'Englehart pour son Parliament of the Woods de Swamp Thing). Dans le cadre de cette foi, ils attendent un messie, porté par une Célestial Madonna ne pouvant que provenir d'un de leurs temples. Si Mantis est passée par l'un de ces temples, sur Titan, Heather Douglas a subi la même formation, devenant Moondragon.


L'enjeu, encore secret pour les Avengers, que représente la Celestial Madonna est trop important pour que l'on se contente de menu fretin comme le Zodiac. De plus grosses convoitises apparaissent, et Kang fait un retour spectaculaire dans Avengers 129 et Avengers Giant-Size 2, où il cherche à s'emparer de Mantis, Swordsman, voulant défendre sa belle, meurt sous les coups du conquérant. Kang revient (Avengers 131-133), forçant les Cotati à se dévoiler. L'affaire se précise alors que Moondragon approche et que Scarlet Witch, instruite par Agatha Harkness, développe ses pouvoirs "magiques". Tout se résoud  enfin à l'occasion de Avengers Giant-Size 4 qui voit célèbrer les noces de deux couples étranges : celles de Vision et Scarlet Witch, et du Cotati Suprême, via le corps du Swordsman, et Mantis. La belle asiatique quitte le groupe après l'une des périodes les plus mouvementées de la série, et disparaît un temps de l'univers Marvel.



Si le lecteur pense ne plus jamais revoir Mantis, Englehart n'oublie pas son héroïne, qu'il ressort de la naphtaline pour les besoins de Justice League of America 142, sous le nom de Willow, chez DC donc, puis pour Scorpio Rose 2, sous le nom de Loreleï, chez Eclipse en octobre 1983. Cette dernière apparition est assez réjouissante, d'une part parce qu'elle réunit les talents de Marshall Rogers et de Tom Palmer, d'autre part parce qu'elle reprend l'intrigue d'Avengers là où le lecteur l'avait perdue : l'enfant est né, élevé dans une banlieue coquette par sa maman qui, malgré sa peau verte, n'a rien perdu de ses charmes. Elle se présente comme une exilée aux nombreux noms, mais en quelques répliques, Englehart en dit plus long sur son personnage que précédemment, comme si les pressions éditoriales avaient été trop pesantes chez Marvel...


Pendant sa longue absence de la "maison aux idées", aucun scénariste ne reprit l'intrigue de la Celestial Madonna, tant et si bien que c'est une Mantis oubliée qu'Englehart retrouve, treize années plus tard, au moment de son retour chez Marvel où il lance la toute nouvelle version de Silver Surfer.


Sans tarder, dans les pages de Silver Surfer 3 (Nova 122), il embraye à nouveau sur son héroïne, la présentant comme une guérisseuse, puisqu'elle prend en charge un Silver Surfer sérieusement atteint (mais plaie d'argent n'est pas mortelle...). Dorénavant, Mantis parle d'elle à la troisième personne et ses pouvoirs, qui restent bien mystérieux, lui confèrent une empathie avec le monde végétal, ce qui veut dire en gros qu'elle cause aux fleurs. Blessée ou détruite, elle peut transporter sa conscience dans un cocon végétal qui lui fournira un autre corps, ou même utiliser cette technique pour se téléporter à travers le cosmos. Mantis reste aux côtés du Silver Surfer jusqu'au numéro 9 du titre, où elle tombe sous les coups des Elders of the Universe (Nova 128), laissant dans la série et dans le coeur du Silver Surfer un vide étonnant. Cependant, ce court passage laisse derrière lui plus de questions que de réponses, notamment au sujet du fils de Mantis, conçu auprès du Cotati Suprême dans les étoiles, sans doute au septième ciel...



                                                                                                                                                                                     A suivre...

 

 
 



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