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Les maisons d'édition de comics de 1935 à 1955

 
Celle par qui le Golden Age commence et se termine, c'est l'actuelle DC, qui fonctionna un temps sous la forme de deux filiales : National Periodical Publications et All-American Comics. En 1935, c'est "DC" qui publie Doctor Occult et c'est encore elle, en 1938, qui sort Superman dans Action Comics 1. Le succès considérable de ce personnage donnera naissance à tout un genre. L'archétype du super-héros ainsi créé, Marvel Comics existe déjà, à ce moment-là, mais se fait appeler Timely Comics. Si ces deux sociétés ont survécu jusqu'à nos jours et sont indissociables de la chronologie des comics, elle ne sont pas les seules du marché. Loin de là.


Parmi les autres grands éditeurs, citons Fawcett, qui publie les aventures du 1er Captain Marvel, mais aussi de toute une ribambelle de personnages déclinés d'après ce héros (Mary Marvel, Capt. Marvel Jr, etc...), ainsi que des personnages plus diversifiés (mais tous des traqueurs de saboteurs nazis) comme Bullet Man ou le Spysmasher. Fawcett a elle aussi joué un rôle stratégique puisque c'est la maison qui a inventé le crossover, cette technique qui permet aux aventures d'un héros paraissant dans un magazine donné de se terminer dans un autre livre, dans les aventures d'un autre héros.


Autre firme importante, Quality Comics, qui publie les aventures de Plastic Man, du Spirit, de Blackhawk (l'aviateur Faucon Noir). On ne peut même pas citer les labels, tellement il y en a.


Cette concurrence effrénée n'empêchera pas au marché de faire des bons de géant : 50 ans avant le Spider-Man 1 de McFarlane (le 1er comic-book à dépasser le million de ventes dans l'ère moderne), de nombreux comics dépasseront régulièrement, et de loin, la barre du million de lecteurs.


Pendant l'après guerre, cependant, les choses sont moins roses et seule DC tient bien la route. Timely se retire des super-héros une première fois en 1949 et s'y réessaye vers 1953 pour se planter à nouveau. C'est qu'à cette époque, le genre qui marche, c'est l'horreur, en particulier avec les EC Comics, qui pratiquent un humour assez gore (ce qui leur vaudra de se faire interdire).





Les créateurs

La naïveté des histoires publiées alors a une explication simple. A l'époque, les écoles d'art orientent plutôt vers la publicité ou l'illustration que vers la bande dessinée, genre considérée comme mineur et pas assez rénumérateur. Moralité : les éditeurs d'alors se tournent vers des petits jeunes (même pas majeurs!), scénaristes ou dessinateurs, qui n'ont pas beaucoup de métier et qu'on peut se permettre de payer à coups de lance-pierre.


Dans ce contexte où tout reste à faire, les ascensions sont parfois fulgurantes : Stan Lee, pris à l'essai chez Timely (l'ancien nom de Marvel) en tant que stagiaire chargé d'aller chercher le café pour les autres, se retrouve catapulté éditeur-en-chef de la firme quelques mois plus tard, après que Joe Simon et Jack Kirby soient passés chez DC (il faut dire aussi que Lee est le neveu du propriétaire de Timely. Ca aide !). A ce moment, Stan Lee n'a pas 19 ans ! Cette rapidité avec laquelle les choses arrivent explique le manque de recul des auteurs et les ficelles parfois un peu grosse des histoires.


Puis la seconde Guerre Mondiale arrive et accentue cet effet : d'une part, sous l'effet patriotique, les ventes de certains comic-books explosent mais, d'autre part, les éditeurs doivent faire face à la défection de certains auteurs qui sont dans le milieu depuis les années 30 : des gens comme Joe Simon partent sous les drapeaux et les firmes sont donc obligées de trouver de nouveaux talents qui doivent, à leur tour, se forger une expérience.


Passé l'effort de guerre, les goûts du public changent et tous les auteurs, qu'ils soient chevronnés ou pas, doivent alors abandonner graduellement les super-héros et se tournent vers les genres en plein expansion, comme les histoires sentimentales à l'eau de rose ou les comics policiers ou encore d'horreur. Toute la profession doit à nouveau faire ses classes dans ces nouveaux domaines. Le Golden Age, finalement, c'est une période de pionniers au sens profond du terme, avec des créateurs qui ne cessent de découvrir des nouvelles facettes du métier.


 

Voir aussi : L'Age de Bronze / Captain America / Comic Box 54 / Comic Box 7 / Couvertures de Jack Kirby / Doc Savage / Human Torch / Jack Kirby / Kirby, l'homme, le maestro / La censure aux Etats-Unis / L'Age d'Argent / Les comics américains / Le mythe du super-héros / Stan Lee / L'âge d'or des comics / Interview de Stan Lee / Interview Semic / Aredit-Artima dans Galador 1 / Comic Box HS 3 / Bill Everett / Comics US L'autre World Wide Web / Les éditeurs phares / Et vint Marvel FranceInterview de Gene Colan (1)  /  Les comics de 1955 à 1975
 
 
 



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