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Une interview de John Romita parue dans STRANGE 109 de janvier 1979


 

John Romita

Q: Si nous commençions par le commencement, John Romita ?

J. ROMITA : Okay. Je suis né en 1930. Brooklyn, durant la fameuse crise... Mon père fit de son mieux pour élever ses cinq gosses avec très peu d'argent. On me mit à l'école communale et, dès l'âge de cinq ou six ans, je fus passionné de dessin. Tout le monde m'encouragea en me prodigant des compliments du genre « Bien, formidable ! ». Quand j'étais encore à l'école élémentaire, je me souviens avoir passé tout un trimestre à dessiner sans relâche pour décorer les couloirs ; et, lorsque nous donnions des représentations théâtrales, c'est moi qui brossais les décors. Un jour, j'ai réalisé une immense peinture murale sur un rouleau de papier d'emballage. Je faisais aussi des dessins à la craie sur les trottoirs des rues de Brooklyn ; j'ai reproduit entre autres la Statue de la Liberté ; j'avais commencé par dessiner la torche... et tout le reste a suivi ; mon oeuvre avait quelque trente mètres de longueur.



 
Q: A quel âge avez-vous commencé à lire des comics ?
 
 
J.R. : J'avais huit ans à la sortie du N°1 de SUPERMAN qui fit une énorme impression sur moi. J'en achetai deux exemplaires ; j'en gardai un bien enveloppé dans un sac en papier, sachant d'instinct que je tenais-là quelque chose de précieux. L'autre servit de modèle pour dessiner Superman en couleurs. Je me souviens du tout premier DAREDEVIL (voir Stan Lee raconte Daredevil) et des débuts de George Tuska. Ensuite  le PRINCE DES MERS, LA TORCHE HUMAINE et CAPTAIN AMERICA (voir sa fiche Marvel Universe) sortirent respectivement en 1938, 1939 et 1940. Je devins bien sûr un fan de Kirby dont les personnages étaient d'un tel réalisme qu'ils semblaient en chair et en os. Mon plus grand regret est d'être né dix ans trop tard... et de n'avoir pu, comme Jack, être un des pionniers des comics.Le premier Daredevil
Un jour, j'entendis parler de l'Ecole d'Art Industriel de New-York. En fait, deux écoles s'offraient aux artistes en herbe : celle de Musique et d'Art et celle d'Art Industriel. Le première ne formait qu'aux Beaux-Arts, or, moi, ce qui m'interessait, c'était le dessin commercial... peut-être dans l'espoir qu'il me permettrait de gagner beaucoup d'argent ! Je désirais devenir dessinateur de bande dessinée ; mon idole était Milton Caniff, auteur de TERRY ET LES PIRATES. Mais je restais aussi un fan de Jack Kirby.
J'entrais donc à l'Ecole d'Art Industriel. Mais on n'y donnait aucun cours sur la BD, sans doute par manque d'élèves ou de professeurs. J'eus pour maître un des meilleurs professeurs du monde : Howard Simon dont je suivis le cours pendant un an. Puis je me suis lancé dans l'illustration de livres, ce qui fut pour moi une expérience fort utile.
Je suivis un cours d'illustration de magazines ; le professeur était un excellent dessinateur nommé Ben Clements qui eut une énorme influence sur moi.

 
 
Q. : Et à votre sortie de l'Ecole ?

J.R. : En 1947, après avoir obtenu mon diplôme, je travaillai pendant six mois pour un médecin et j'organisai une exposition dans un hôpital. Je fis tout par moi-même, les dessins, les cadres... et je n'avais alors que dix-sept ans. Cela ne me rapporta pas beaucoup d'argent mais ce fut une expérience très enrichissante. J'appris à faire tout aussi bien des schémas que du lettrage, des décors... Résultat : six médecins me demandèrent d'illustrer un ouvrage qu'ils étaient en train d'écrire. Mais pas un seul manuscrit ne fut achevé avant la fin de l'exposition. Comme j'avais besoin de gagner ma vie, j'entrai dans un atelier de lLe Grand Jack Kirbyithographie pour un salaire de 25 dollars par semaine. Je faisais des étiquettes de coca-cola, de chewing-gum... mais vu mon jeune âge, pour le même salaire de misère, il me fallait aussi faire les livraisons, nettoyer l'atelier etc... Cela me permit tout de même de parfaire mon apprentissage. Au bout de trois ans, je rencontrai un ancien camarade de l'Ecole d'Art Industriel qui était devenu encreur de comics. Il travaillait pour Stan Lee. Nous étions en 1949....

 

 



 
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