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Article issu de L'Ecran Fantastique 278 de l'été 2007L'Ecran Fantastique 278

 

Les 4 Fantastiques et le Surfer d'Argent


 

Entretien avec Jessica Alba (Susan Storm/La Femme Invisible)

 

C'est la seule femme de la bande des quatre : du charme, mais aussi du plomb dans la tête...

 

Selon vous, qu'est-ce-qui rend les personnages des 4 Fantastiques intemporels ?

Ce sont des icônes de la BD depuis leur création, dans les années 60, et ils sont restés très populaires parce qu'ils sont atypiques. Nous essayons de leur rendre hommage, et de faire plaisir à toutes les générations de fans qui les adorent. Susan Storm n'est pas un personnage de femme comme les autres. Dans le premier épisode, on a pu voir qu'elle est une scientifique de haut niveau, employée par l'une des plus grandes compagnies mondiales pour étudier une tempête de rayons cosmiques capables d'altérer l'ADN humain. Elle espère découvrir ainsi le moyen de guérir certaines maladies génétiques. Le petit groupe qui se retrouve là-haut étudie ce phénomène extraordinaire sans se douter qu'il va les transformer de manière irrémédiable. Ces quatre personnes vont devoir accepter leur incroyable métamorphose, mais leurs relations ne vont pas changer pour autant. Ben Grimm se transforme en monstre orange et souffre de son apparence physique, le corps de Reed Richards peut s'étirer comme du caoutchouc, Johnny Storm s'enflamme lorsqu'il s'énerve, et moi, je deviens invisible à chaque fois que je suis frustrée ou troublée ! Les 4 Fantastiques ne sont pas des super-héros comme les autres, d'abord parce qu'ils se disputent souvent, mais aussi parce qu'ils ont des problèmes d'une grande banalité à gérer tout en sauvant le monde. Et comme leur identité est connue de tous, ils doivent également supporter la curiosité des gens et des médias. C'est ce qui donne un ton unique à leurs aventures.

 

Dans quel état d'esprit avez-vous abordé ce personnage de bande dessinée ?

J'ai lu la BD originale pour explorer toutes les facettes de mon personnage. L'avantage, c'est que Sue Storm existe depuis longtemps. Les scénaristes lui ont fait vivre des centaines d'aventures et ont exploré de nombreux aspects de sa personnalité. Tous les comédiens du groupe utilisent la BD des 4 Fantastiques comme LA référence absolue, pour être sûrs de plaire aux fans. Même si Tim Story, le réalisateur, m'a toujours laissée libre de faire ce que je voulais de mon personnage, à chaque hésitation, je me replongeais dans les BD. C'était très agréable.

 

En jouant dans cette série de films, avez-vous eu peur d'être éclipsée par les effets spéciaux ?

C'est une pensée qui m'a effleurée pendant le tournage du premier épisode, quand je passais beaucoup de temps en studio, devant des écrans verts, mais je dois dire que Tim a toujours donné la priorité à notre travail d'acteur, même pendant les scènes d'effets spéciaux. C'est la comédie qu'il fait passer en premier, pas la technique. Au début, j'avais un peu peur que les trucages dévorent le film, mais ça n'est pas le cas. Les personnages ont vraiment une âme et nous n'avons pas été frustrés en tant qu'acteurs. Nous avons été agréablement surpris, au contraire.

 

Que ressent-on, lorsqu'on est transformée en super-héroïne pendant les trois mois du tournage ?

C'est génial ! Je peux retomber en enfance, et aborder un registre de comédie que je ne connaissais pas, même si le personnage de la série "Dark Angel" possédait des capacités physiques au-delà de la norme. C'est extrêmement agréable de jouer dans un des grands films de l'été, et de savoir que les gens vont passer un bon moment dans les salles. Ils vont être scotchés par les scènes spectaculaires de cette seconde aventure, et par le Surfer d'Argent.

 

Comment les relations entre Sue Storm et les autres membres du groupe évoluent-ils dans ce film ?

Disons que nous avons tous accepté notre statut de super-héros, et que nous avons intégré une dynamique de groupe. Nous vivons tous ensemble dans le Baxter Building. Dans le premier film, chacun essayait de trouver sa place dans la famille des 4 Fantastiques. Sue agit toujours comme si elle était la maman de l'équipe. C'est la voix de la raison. Elle a évolué, cependant, car elle exprime ses émotions plus facilement. Dans le premier film, Sue était souvent en colère. Contre son frère, contre Fatalis, contre Reed, parce qu'il était incapable de lui déclarer ses sentiments. Dans cette nouvelle aventure, on la voit amoureuse, gaie, triste, songeant à fonder une famille... Bref, elle exprime une nouvelle gamme de sentiments. Le fait d'avoir trouvé en Reed son âme-soeur lui permet d'évoluer et d'aborder une autre phase de sa vie.

 

Selon vous, Sue peut-elle être considérée comme un sex-symbol de la bande dessinée ?

Non, je ne crois pas qu'on puisse la cataloguer ainsi. C'est un personnage féminin très fort, mais qui met surtout en avant ses qualités d'empathie pour les autres, qui aime aider ses proches. Elle a aussi un côté "fan de science" qui la rapproche de Reed, et qui la rend quelquefois un peu bizarre, un peu décalée. L'esprit génial de Reed l'entraîne quelquefois si loin de la réalité que la présence de Susan lui permet de se recentrer, de se retrouver les pieds sur terre, si vous voulez.

 

Comment travaillez-vous avec les autres acteurs du groupe ?

Chacun de nous à sa propre vision du personnage qu'il incarne. Ioan Gruffudd et moi avons tendance à réfléchir longuement à la manière dont nos personnages vont exprimer leurs idées. Nous étudions le script, et pendant que nous répétons nos dialogues, il arrive souvent que nous testions de nouvelles idées auprès de Chris Evans, qui a souvent un point de vue très original. Chris est un garçon très intelligent, qui déborde d'idées. Son personnage de Johnny Storm est un casse-cou un peu vantard, obsédé par ses conquêtes féminines, mais dans la vie Chris est très différent. C'est plutôt un intellectuel, qui a un esprit très logique, très clair. Ioan et moi, nous avons tendance à trop analyser les choses, quitte à nous perdre dans les détails, tandis que Chris trouve souvent des moyens originaux d'aller à l'essentiel. Nous parlons aussi très souvent avec Tim des éléments de l'histoire, et de la manière dont ils transforment nos personnages. J'ajouterai que nous sommes tous très fiers, en tant qu'acteurs, de participer à un film que tout le monde peut aller voir en famille, et qui délivre un message positif.

 

Vous utiliser pour la première fois la Fantasticar dans ce film. Avez-vous aimé piloter cette voiture volante ?

Oh oui ! Son design est superbe, et je crois que les spectateurs vont beaucoup aimer la voir en action. Nos aventures nous entraînent dans différents pays cette fois-ci, et la Fantasticar nous permet de nous y rendre à la vitesse de l'éclair.

 

Est-ce que Sue arrive à entrer en contact avec le Surfer d'Argent, pour savoir s'il est bon ou mauvais ?

Je ne savais pas vraiment quel genre de relations ces deux êtres allaient avoir. Ce qui se passe entre eux est vraiment intéressant. C'est un peu comme s'ils se connaissaient déjà depuis longtemps, comme s'il existait une sorte de connexion. Nous avons tourné une scène qui se passe dans une forêt. Doug Jones, qui joue le rôle du Surfer d'Argent, est arrivé avec son costume recouvert de points de repères blancs, qui servent ensuite à animer le personnage 3D. Doug a une manière tellement intéressante de bouger que je n'ai pas eu de mal à être fascinée par lui. Il est apparu comme une sorte d'ange qui serait tombé sur Terre. Ce sont des scènes qui sont très émouvantes, très étranges, que j'ai adoré tourner. J'ai eu l'impression que le temps s'arrêtait quand nous travaillions avec Doug. C'était magique.

 

Sue est-elle la seule à ressentir l'innocence du Surfer d'Argent ?

Oh oui ! Tous les autres le prennent pour un ennemi, une menace. Sue a l'esprit plus ouvert, et elle est donc capable de voir au-delà des apparences immédiates.

 

Le tournage de ce second épisode fut-il différent du premier ?

Oui, très différent. L'équipe de base est la même, et comme nous nous connaissions très bien à présent, nous pouvions nous dire les choses avec une franchise brutale ! (rires). Nous avons envie que le film soit le meilleur possible et tout le monde se donne à fond pour atteindre ce but. On a une meilleure idée de la manière dont les scènes sont captées puis utilisées à l'écran. Tout cela nous permet de nous concentrer sur nos personnages et de les étoffer davantage. Pendant le premier film, nous avions tendance à stresser en nous disant que nous tenions les rôles principaux d'une superproduction adaptée d'une BD culte. Il valait mieux que nous évitions de décevoir des millions de spectateurs !

 

Le fait de participer à une superproduction comme celle-ci fait-il peser beaucoup de pression sur vous ?

Oui, mais la pression n'est pas une mauvaise chose. Je dois me lever tout les jours à 5h30 du matin et arriver en connaissant mon texte à 7h. C'est une discipline plutôt rude, mais l'enjeu que le film représente m'oblige à donner le meilleur de moi-même, à être en forme, et prête à faire ce que l'on attend de moi.

 

Comment utilisez-vous vos pouvoirs dans ce second film ?

On m'a donné plus de chose à faire cette fois-ci. J'utilise mon champ de force pour amortir la chute d'un hélicoptère. Je projette mon pouvoir d'invisibilité pour faire disparaître des choses. J'entoure des gens avec mon champ de force et je les soulève dans les airs, ce qui est assez amusant... En termes d'action, il y a beaucoup plus de scènes de combat que dans le premier épisode.

 

                                                                                                                               Propos recueillis et traduits par Pascal Pinteau
 

 
 

 
 
 



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