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Une Star est née (Article paru dans Strange 287 de novembre 1993)Strange 287


 
Il porte un nom déjà célèbre. Est-ce une chance ? Un handicap ? Lui seul le sait. Quoi qu'il en soit, il n'a pas tardé à se faire un prénom dans le monde des comics. "Mutants X-Shattershot" (Top B.D. 30), NAMOR et prochainement FACTEUR-X ("X-Ecutionner's Song") sont autant de preuve de son talent de dessinateur. Et le meilleur reste à venir... Amateurs de B.D., et de la bonne, ouvrez grand vos yeux et admirez : Jae Lee dessine pour vous. Et il sait aussi raconter...

"Je suis né en Corée du Sud en 1972. Quand je suis arrivé aux Etats-Unis, j'avais cinq ans. J'ai lu mes premières B.D. à onze ans - ALPHA FLIGHT 13 et SECRET WARS 1. J'étais un fan de Marvel et DC. A 18 ans, je suis parti à New York avec un ami. J'avais envoyé quelques dessins à des éditeurs mais aucun n'était intéressé. Par chance, j'ai rencontré un scénariste, Scott Lobdell. A l'époque, il travaillait sur MARVEL COMICS PRESENTS. Mes dessins semblaient lui plaire. Il les a montrés chez Marvel et c'est comme ça que j'ai été embauché. On a commencé à travailler ensemble sur MARVEL COMICS PRESENTS. Puis, Scott a laissé tomber pour passer aux X-MEN. La première histoire que j'ai dessinée, c'était une mini-série en huit parties avec le Fauve. C'est Rob Liefeld qui l'avait commencée et j'avais repris derrière lui. On s'était déjà rencontrés dans un salon, Rob et moi, et voilà que nos chemins se croisaient de nouveau grâce au Fauve. Quand j'y pense ! Aujourd'hui, je trouve mes dessins de l'époque franchement horribles. Heureusement, il n'y en a pas beaucoup qui les ont vus! Plus tard, c'est sur YOUNGBLOOD que j'allais retrouver Rob Liefeld.

Après le Fauve, j'ai travaillé sur Namor. Si j'ai pu le faire, c'est grâce à Terry Kavanagh qui était l'éditeur de la série mais aussi celui de MARVEL COMICS PRESENTS. On m'avait fait plusieurs propositions, entre autres SILVER SABLE et DEATHLOK. J'ai choisi NAMOR parce que John Byrne écrivait le scénario.

Quand j'ai commencé à dessiner, à 13 ans, j'avais exactement le même style que John Byrne, mon idole. Après, j'ai essayé de m'en détacher. En travaillant sur NAMOR, la dernière chose que je voulais faire, c'est l'imiter. J'aurais eu l'impression de ne pas avoir évolué du tout depuis mes premiers coups de crayon. J'ai tout fait pour changer ma façon de dessiner. Non pas que je trouve à redire au style de Byrne. Mais c'est son style, pas le mien.


Prendre la relève de John n'était pas chose facile, croyez-moi, surtout que NAMOR était SA série. Aussi, je voulais faire bonne impression : il m'a fallu trois mois pour dessiner le premier épisode!!! Comme je tenais absolument à ne pas copier Byrne, j'ai essayé de partir dans une direction totalement opposée. J'ai utilisé des formes géométriques, très anguleuses. Et c'est lorsque j'ai commencé à encrer mes propres dessins que mon coup de crayon s'est affermi. Là, j'ai vraiment trouvé mon style : ça ressemble assez à du Simon Bisley ou Bill Sienkiewicz. Moi, je crois qu'il y a plus de Bisley que de Sienkiewicz, mais j'ai eu droit aux deux comparaisons. L'ironie du sort a même voulu que Bill Sienkiewicz encre certains des épisodes de NAMOR. Je suis un vrai fan. J'adore ce qu'il fait. J'ai hâte de voir le résultat. Je ne lui ai rien dit, mais vraiment, je brûle d'impatience. J'aimerais aussi beaucoup que Simon Bisley encre mes dessins. Ce serait génial.


YOUNGBLOOD ? Le travail que j'ai réalisé sur cette série est sans doute ce que j'ai fait de mieux jusqu'à maintenant. Mais je peux encore m'améliorer... En ce qui concerne la composition de la page, j'ai le champ libre. Rob Liefeld m'envoie un script et c'est à moi de visualiser. Il me fournit toutes les informations nécessaires pour traduire l'histoire en images. C'est un travail passionnant car Rob est un scénariste qui visualise très bien... J'ai aussi une entière confiance en Steve Oliff, le coloriste de la série. Je sens qu'il ne me décevra pas. Je n'ai pas l'occasion de voir à l'avance les planches mises en couleur, mais je sais que le résultat sera convaincant. Le dessin, une fois coloré, prend une troisième dimension, surtout avec les techniques d'aujourd'hui, l'aérographe et tout le reste... En plus, mes dessins, très sombres et parfois très détaillés, même dans les parties les plus obscures, ressortent de façon impeccable grâce au format et à la qualité de l'impression...".

Et pour l'avenir : "En collaboration avec Jim Lee, une mini-série en trois parties qui sera un prélude à WILDCATS; des épisodes de SPIDER-MAN où je ferais réapparaître Iron Fist qui aura bientôt sa propre série et j'en serai le dessinateur ; enfin, une série de mon cru qui devrait sortir à la fin de l'année".

Avec tous ces contrats en poche, nombreux sont ceux qui prendraient la grosse tête. Mais cela ne risque pas d'arriver à Jae Lee: "J'ai toujours été stupéfié par le nombre de personnes qui lisent les comics, aux Etats-Unis mais aussi à l'étranger. Rien que pour NAMOR, on reçoit du courrier d'Allemagne, d'Angleterre, d'Australie ! Quand j'ai commencé dans le métier, je n'avais aucune idée de la part de marché qu'occupait ce genre de publications. Je ne me rendais pas compte qu'il y avait tant d'amateurs. Aujourd'hui, je dédicace mes dessins dans les salons. Je suis connu... Enfin, tout ça n'empêche pas mes parents de penser que je ferais mieux de faire des études. Je crois qu'ils ne réalisent pas. Ils ont grandi en Coréeles comics n'existaient pas. Pour eux, ça n'a rien de bien concret. Mon frère aîné fait des études commerciales et il n'est pas amateur de B.D. Il considère ce que je fais comme quelque chose de très puéril".

Comme on dit, "nul n'est prophète en son pays". En tout cas, en France, on sait reconnaître le talent et les lecteurs de SEMIC ne s'y sont pas trompés. Jae Lee a déjà marqué le monde de la B.D. d'une empreinte indélébile et il y a des chances qu'à l'avenir, il fasse encore beaucoup de taches !



 
 
 
 



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