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Iron Man

Un long chemin vers les écrans
    (Paru dans Studio Ciné Live HS 23 de 2012)                    Studio Ciné Live HS 23


L'Homme de fer en rouge et or a mis dix-huit ans à passer du comic book au grand écran. Histoire d'une renaissance, d'un pari fou et d'un superhéros fragile sous son armure.  Par Julien Solal


Difficile à croire aujourd'hui mais, pour les studios Marvel, l'adaptation d'Iron Man au cinéma n'était pas une évidence. La jeune société réalisait là sa première production de studio indépendant et risquait un budget, alors considérable, de 180 M$. Coup de poker sans précédent et hautement périlleux car, contrairement à Spider-Man, Superman, Hulk ou Batman, l'Homme de fer n'est pas une superstar. ses aventures en BD, publiées sans interruption depuis sa création en 1963, n'ont jamais atteint les ventes de ses confrères et plafonnent, aux Etats-Unis, à 50000 exemplaires chaque mois.


Un superhéros très politique

Créé, comme la plupart des superhéros Marvel, par Stan Lee (aidé de Larry Lieber au scénario, Don Heck et Jack Kirby au dessin), Iron Man est né dans le numéro 39 de la revue Tales of Suspense, en mars 1963. En pleine guerre du Vietnam, il s'impose comme le superhéros le plus politique de l'éditeur : capturé au Vietnam par des guérillos communistes, le milliardaire fabriquant d'armes Tony Stark conçoit, pour s'échapper, la première armure qui fera de lui Iron Man. Reflétant davantage l'air du temps que l'opinion réelle de ses auteurs, il luttera souvent, au cours des sixties, contre des méchants issus de régimes de l'Est : la Veuve Noire, la Dynamo Pourpre, le Mandarin... Il est gratifié de son propre magazine en 1968. A l'orée des années 70, changements de cap : le Vietnam est devenu la bête noire des jeunes lecteurs de Marvel, Iron Man cesse sa croisade. Dans un épisode de 1971, il prend le parti de jeunes pacifistes et se fait traiter d'anarchiste par un sénateur conservateur ! Et, dans l'histoire Long Time Gone, en 1975, Tony Stark, rongé par la culpabilité post-Vietnam, décide d'arrêter la vente d'armes. "Iron Man va, dès lors, entrer dans une ère techno thriller à la Tom Clancy, dépolitisé mais la plus populaire de son histoire, avec une focalisation sur l'alcoolisme de Stark", résume Fabrice Sapolsky, rédacteur en chef du magazine Comic Box.

Après le 11-Deptembre, Iron Man retrouve le statut de héros "légaliste". Après avoir dévoilé son identité secrète, Stark occupe, un temps, le poste de secrétaire d'Etat à la défense. Et dans la saga Civil War (2006), lorsque le Congrès décide de voter le "Superhuman Registration Act", forçant les héros masqués à se dévoiler et à s'engager au service du gouvernement, Iron Man mène la bataille contre le camp des insurgés, emmenés par Captain America. Pour Fabrice Sapolsky, "Civil War a confirmé à quel poit Iron Man, malgré la faiblesse des ventes, est un pilier thématique de l'univers Marvel". L'éditeur lancera, en mai, un deuxième titre mensuel consacré au personnage : Invincible Iron Man...

Mais, tout second couteau qu'il est dans l'univers superhéroïque, Iron Man a tout de même intéressé les acteurs dans les seventies. Certains sont, entre-temps, devenus des stars du 7ème art, comme Nicolas Cage, Tom Cruise, Quentin Tarantino ou encore... Robert Downey Jr., heureux de revêtir la fameuse armure du superhéros. Pour lui, le personnage est forgé dans le moule "superhéros fragile", qui a garanti leur longévité aux grandes franchises de Marvel.


Ton Cruise en armure ?


Depuis son explosion presque mortelle sur une mine au Vietnam lors d'un déplacement professionnel, le play-boy milliardaire et fabricant d'armes américain Tony Stark, alter ego d'Iron Man, a le coeur maintenu en vie par un pacemaker. Au cours des années 80, les auteurs de la BD le plongent dans un alcoolisme qui lui fera perdre (provisoirement) tout son empire. Bardé de ressorts dramatiques captivants et doté d'une iconographie rutilante, Iron Man, a du potentiel. Universal sera le premier studio à le comprendre et à décrocher, en 1990, les droits cinéma du personnage pour une adaptation sur laquelle planchera, brièvement, le réalisateur Stuart Gordon. Mais le projet - trop cheap - n'aboutit pas et Universal revend, en 1996, les droits à Fox. Cette dernière enterre la franchise dans les limbes de son service développement, malgré l'intérêt déclaré de Tom Cruise et Nicolas Cage pour le rôle de Tony Stark, et le nom de Tarantino, qui circule pour la mise en scène.

En 1999, sans doute trop occupée par la gestation du premier X-Men, Fox cède les droits d'Iron Man à New Line, qui va enfin propulser le justicier casqué sur un semblant d'orbite. Tim McCanlies livre, en 2002, une nouvelle version du scénario. Joss Whedon, papa de Buffy contre les vampires (et futur réalisateur d'Avengers), est contacté. Mais le script est rejeté par New Line qui, en 2003, engage le duo Alfred Gough et Miles Millar (Smallville, Spider-Man 2). En décembre 2004, Nick Cassavetes est pressenti pour la réalisation et Tom Cruise maintient ses vues sur le rôle. Un communiqué de New Line évoque une sortie probable en 2006, alors que ni Tom Cruise ni Nick Cassavetes n'ont signé le moindre contrat. D'ailleurs, en février 2005, peu convaincu par la tournure des événements, Cruise annonce son retrait du projet. La version de Gough et Millar, un script de 120 pages revu et corrigé par David Hayter, est, à son tour, retoquée par New Line qui jette l'éponge.


Marvel garde sa poule aux oeufs d'or

Une étude de la banque Lehman Brothers a révélé que, sur les 3 milliards de dollars générés par Spider-Man 1 et 2, héros Marvel produit par Sony, Marvel n'a reçu "que" 65M$... En octobre 2005, Marvel récupère donc les droits cinéma de son bébé avec un nouveau plan, produire elle-même, à 100%, les films adaptés de son catalogue et, en cas de succès, ramasser la mise. Las d'engraisser les autres, le studio se dote d'une structure de production indépendante et lève 525 M$. Une somme colossale. Autant dire que tout est soigné dans le projet, y compris le choix du réalisateur, Jon Favreau. Malgré une filmographie peu renversante (Zathura : une aventure spatiale, Elfe), ce vieux fan de comics a parfaitement retranscrit, à l'écran, les fondamentaux du mythe. S'ajoute, au projet, le choix - miraculeux ! -, de Robert Downey Jr. dans le rôle-titre. C'est ainsi qu'à l'écran, Tony Stark devient Iron Man, non plus au Vietnam, mais en Afghanistan (actualité oblige), où des terroristes le capturent pour l'obliger à fabriquer une arme de destruction massive à leur usage. Avec l'aide d'un autre captif, il construit, en secret, une armure dotée d'armes spéciales lui permettant de s'échapper. De retour chez lui, aux Etats-Unis, marqué par l'expérience, il décide de perfectionner l'armure et de l'utiliser pour protéger son prochain.


Les auteurs du scénario se sont attachés à capturer l'essence du personnage créé par Stan Lee voici quarante-cinq ans : "Avec Iron Man, l'idée de Stan était de voir comment un riche con, fabricant d'armes, consommateur de femmes et d'alcool, pouvait devenir un héros. J'adore le comic book et j'ai littéralement craqué pour ce rôle", résume Robert Downey Jr., ex-alcoolique et ex-junkie notoire, dont l'éxubérante personnalité fait corps avec l'arrogance de Stark. Le reste du casting témoigne du sérieux de l'entreprise, de Jeff Bridges (Obadiah Stane) à Gwyneth Paltrow (Pepper Potts), en passant par Terrence Howard (Rhodey). Sans oublier le design flamboyant des armures portées par Downey Jr., conçues, en images de synthèse, par ILM et, pour les versions mécaniques, par le légendaire Stan Winston de Legacy Effects. Jon Favreau est à Iron Man ce que Sam Raimi fut à Spider-Man : l'homme qui sut donner corps à un superhéros de papier.


 

 
 



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