Comics-Lug sur Facebook

La première armure d'Iron Man


Iron Man dans Tales Of Suspense



Héros Marvel de la première génération, Iron Man naît en 1963 dans Tales of Suspense. Durant cette période-clé de 5 ans sont mis en place les éléments qui constituent encore aujourd'hui les bases de la série.

Après le succès de Fantastic Four, Stan Lee entreprend de multiplier les super-héros. Mais la maison d'édition pour laquelle il travaille n'a pas d'énormes moyens et pour des raisons d'économie, Lee ne peut lancer un nouveau titre que lorsqu'un autre, plus ancien, s'est arrêté. Une solution à ce problème est d'utiliser les comics "anthologiques" (c'est-à-dire publiant plusieurs histoires courtes sans personnage régulier) qui sont, de toute façon, en perte de vitesse. Après Journey into Mystery, Tales to Astonish et Strange Tales, Tales of Suspense est le dernier à se voir doter de "son" super-héros.
Tales of Suspense 39 avec Iron Man
Iron Man naît donc dans Tales of Suspense 39, daté de mars 1963. Les comic books de cette époque étant pré-datés, ce numéro dut paraître fin 1962. Le mois du lancement d'Iron Man dans Tales of Suspense est aussi celui du démarrage d'Amazing Spider-Man et de la fin de la première série de The Incredible Hulk, rare exemple de fiasco des débuts de Marvel.

Stan Lee a donné dans son livre Son of Origins of Marvel Comics (Simon and Shuster, 1975) sa version de la naissance d'Iron Man. Comme à son habitude, il s'y attribue la complète paternité du personnage. Pourtant, force lui est de reconnaître qu'il n'a pas écrit la première aventure. Et pour cause : dans Tales of Suspense 39, il est crédité de l'intrigue mais le scénario est attribué à Larry Lieber, son frère (ce sera d'ailleurs sa seule intervention sur la série).

Cette première histoire est dessinée par Don Heck, qui restera avec le personnage jusqu'en 1965. Dans une interview donnée au magazine Comics Feature (numéro 21 de novembre 1982), Heck lui-même reconnaît que c'est Jack Kirby qui créa graphiquement le personnage, dans l'armure dorée qu'il ne devait garder qu'une dizaine de numéros. Qui plus est, Kirby dessinera quatre des cinq épisodes suivants, toujours encré par Don Heck. Il faut conclure qu'Iron Man est une création collective, à laquelle Lee, Kirby, Lieber et Heck ont tous contribué.

Un bref résumé de l'origine du héros s'impose. Tony Stark, playboy, savant et millionnaire, se trouve au Viêt-Nam où il aide les militaires américains dans leur "soutien logistique" aux troupes du Sud engagées dans la guerre contre les communistes du Nord. Dans la jungle, Stark manque d'être tué par l'explosion d'une mine. Il est capturé et soigné par les troupes de Wong Chu, un chef de guerre au service des communistes. Stark est grièvement blessé : un éclat d'obus se rapproche de son coeur et va, à échéance, le tuer. Wong Chu prétend à Stark qu'il lui fera sauver la vie par son chirurgien si le savant américain lui fabrique une arme nouvelle. Pas dupe, Stark promet mais entreprend de fabriquer une arme à son usage.

Quand Wong Chu oblige un autre prisonnier, le professeur Yin Sen, à aider Stark, l'Américain révèle son plan à son collègue : fabriquer une armure d'acier, sorte d'exosquelette qui multipliera sa force et dont la plaque thoracique continuera de faire battre son coeur. Les deux hommes travaillent comme des forcenés pendant que l'état de santé de Stark empire peu à peu. Finalement, Stark enfile son armure mais Wong Chu, devenu soupçonneux, veut forcer la porte du laboratoire. Le professeur Yin Sen se sacrifie pour laisser à Stark le temps de faire le plein d'électricité. Grâce à lui, Iron Man échappe aux communistes puis revient battre Wong Chu en combat singulier. Un super-héros est né.

Son of Origins of Marvel Comics par Stan Lee
Précisons que tout cela prend très exactement treize pages, le reste du comic étant consacré à des histoires de science-fiction de bazar identiques à celles publiées par le passé dans Tales of Suspense.

Le caractère résolument nouveau du personnage d'Iron Man vaut la peine d'être noté. S'il avait existé par le passé des hommes de métal, il s'agissait soit de robots à cerveau humain comme le Robotman de DC, soit d'humains transformés en créatures de métal vivant, comme Fearless Flint ou Man O'Metal, autres super-justiciers des années 40. Iron Man à l'aspect d'un chevalier médiéval, revêtu de son armure, mais celle-ci est le fruit de la technologie moderne. Au moins au début, les gadgets d'Iron Man évoquent ceux dont Batman a garni sa ceinture ou dont Doctor Doom fait régulièrement usage.

La ressemblance avec Doctor Doom n'est certainement pas fortuite. Il est plus que probable que le succès de l'ennemi numéro un des Fantastic Four a dû faire penser à Lee et Kirby qu'un héros bâti sur le même modèle pourrait être une bonne idée. La trouvaille, c'est d'avoir fait de l'armure la condition de la survie du héros. Tony Stark est le premier super-héros Marvel dont la vie ne tient littéralement qu'à un fil : celui de la fiche qui lui permet de recharger ses batteries dans la première prise électrique venue. C'est très original pour l'époque et cela fournira matière à de multiples péripéties dans la saga d'Iron Man.

Les pouvoirs d'Iron Man sont au départ assez limités : il possède la force de plusieurs hommes, peut jaillir dans l'air à l'aide de jets à air comprimés et dispose de divers gadgets électroniques, dont des aimants au pouvoir multiplié qu'il utilise pour faire s'envoler les armes de ses adversaires. Au fil des numéros, Stark augmentera la puissance de son armure. Dans sa version définitive, Iron Man est capable de voler, de projeter des "rayons répulseurs" d'une puissance énorme, et sa force physique rivalise, sans l'atteindre tout à fait, avec celle des "poids lourds" de la Marvel, Thor, Hulk et the Thing.


Pendant toute la période Tales of Suspense, la force d'Iron Man s'accompagne d'un rappel constant de ses faiblesses. Son armure consommant beaucoup d'énergie, il se trouve parfois obligé, à l'issue s'un combat, de ramper jusqu'à la plus proche prise de courant, au bord de la crise cardiaque.

Les débuts de la série sont peu mémorables. Dès sa deuxième apparition, Iron Man change la couleur de son armure de gris métallisé à doré. L'explication donnée dans l'histoire est que son allure de robot effraye les gens. La "vraie" raison est que les personnages gris ne se vendent pas. Avant Iron Man, the Incredible Hulk avait été gris le temps d'un numéro avant de devenir vert.

Dans Tales of Suspense 41, il est fait mention pour la première fois des usines d'armement de Tony Stark. Ce numéro est également mémorable pour la présence d'un super-méchant nommé Doctor Strange, sorte de savant fou dont le costume et le nom annoncent ceux du super-héros qui apparaît quatre mois plus tard dans Strange Tales.

Dans ces premières histoires, souvent dessinées par Jack Kirby et écrites par R. Berns (pseudonyme de Robert Bernstein), Iron Man combat un assortiment d'adversaires peu mémorables : robot de l'espace, savant fou, méchants communistes et peuple souterrain. Il s'offre même un voyage dans le temps et rencontre Cléopâtre !

Tales of Suspense 45 marque le vrai départ de la série. Cet épisode exceptionnellement long (dix-huit pages au lieu des treize habituelles) établit Tony Stark comme industriel et situe sa principale usine à Flushing, Long Island. Petit détail qui est, pour l'époque, un sommet du réalisme : l'usine est toute proche du site de la New York World's Fair, programmé pour 1964 et donc encore en chantier en cette année 1963.
 
L'aventure introduit aussi le premier "vrai" super-méchant de la série, Jack Frost, aux pouvoirs semblables à ceux du Captain Cold de DC et de the Iceman, qui fait ses débuts le même mois dans The X-Men.
 
Enfin, l'histoire donne à la bande ses premiers personnages secondaires. Pepper Potts est la rousse secrétaire de Tony Stark. Harry "Happy" Hogan est un ancien boxeur qui sauve la vie de Stark et que celui-ci, reconnaissant, engage comme chauffeur. Pendant toute la période Tales of Suspense, Pepper et Happy constitueront l'essentiel des personnages secondaires de la série.
 
Happy et Pepper sont des créations de Don Heck, qui s'impose comme le dessinateur attitré d'Iron Man et le restera jusqu'au numéro 72, de décembre 1965. Pepper est, bien sûr, amoureuse de son patron, mais elle est dotée, au moins au début, d'un physique assez quelconque, ce qui rend ses espoirs de devenir madame Stark assez comiques. De son côté, Happy en "pince" pour Pepper mais sa trogne de boxeur ne l'avantage guère pour courtiser une jeune fille. Dans son interview de Comics Feature 21, Don Heck regrette d'ailleurs qu'on l'ait, par la suite, obligé à rendre Pepper, puis Happy, plus beaux. Il est vrai que Tony allait peu à peu tomber amoureux de Pepper, et Pepper de Happy, et qu'il eut sans doute semblé bizarre aux conformistes lecteurs des années 60 de voir le beau Tony s'amouracher d'un laideron. Par ricochet, Pepper, devenue jolie, ne pouvait qu'embellir son partenaire. On se croirait dans Riquet à la houppe !

Le mois de parution de Tales of Suspense 45 - septembre 1963 sur la couverture - est aussi celui de l'intégration d'Iron Man dans l'univers Marvel : dans The Avengers 1, le justicier en armure devient l'un des membres fondateurs du groupe, aux côtés de Hulk, Ant-Man, the Wasp et Thor. Désormais, Iron Man mène une double vie et rencontrera d'abord dans ses aventures avec les Avengers certains super-méchants qu'il affrontera ensuite en solo (ainsi The Black Knight ou le Count Nefaria).

La dernière grande évolution de la bande intervient au numéro 48, l'un des trois épisodes dessinés (et certainement écrits) par Steve Ditko. Iron Man y troque sa lourde armure dorée contre un modèle rouge et or plus léger dont le design restera pratiquement inchangé jusqu'à ces dernières années. Seul le masque subira quelques modifications avant de trouver sa forme définitive au numéro 66.

Dans Tales of Suspense 49, Iron Man affronte the Angel, le X-Man étant momentanément devenu mauvais à cause des radiations d'une bombe atomique que Tony Stark avait fait exploser dans la cour de son usine à fins d'expérimentation. Il s'agissait sans doute d'une petite bombe atomique, mais quand même !
Tales of Suspense 49Durant cette période où Iron Man continue d'occuper imperturbablement les treize premières pages de Tales of Suspense, la série se résume à un affrontement mensuel avec un super-bandit. Comme dans les séries de DC comics (en particulier The Flash), chacun possède sa spécialité : Jack Frost maîtrise le froid, the Crimson Dynamo manipule l'électricité, the Felter fait fondre les métaux, Mr Doll influence les gens à l'aide d'une poupée, le Mandarin utilise dix anneaux de puissance ayant chacun une fonction différente et the Scarecrow allie une agilité phénoménale au contrôle d'une horde de corbeaux dressés. Tous ces méchants sont introduits entre les numéros 45 et 51, ce qui fait qu'en quelques mois, Iron Man s'est vu doter de "sa" galerie d'ennemis. Certains, comme Mr Doll et Jack Frost, sombreront dans l'oubli et ne seront ressuscités que dans les années 70 par des scénaristes à la mémoire longue. D'autres, comme the Melter et the Scarecrow, joueront les méchants utilitaires dans l'univers Marvel, tantôt en solo, tantôt en groupe (les Masters of Evil pour le premier, dans Avengers, le second dans X-Men sous les ordres du Count Nefaria).


Seul le Mandarin émerge comme une création durable et importante. Son origine n'est d'ailleurs pas donnée d'emblée, contrairement à la plupart des autres antagonistes. Il faudra attendre Tales of Suspense 62 et son troisième affrontement consécutif avec Iron Man pour savoir d'où il tient ses anneaux. Qui plus est, Iron Man arrive à le contrer mais pas à l'emprisonner, ce qui apparente le Mandarin aux autres grands méchants de l'univers Marvel tels Doctor Doom ou Sub-Mariner.

Au début, Iron Man était simplement un "bon ami" de Stark qui se trouvait justement dans la région au moment où l'on avait besoin de lui. Peu à peu, la raison sociale d'Iron Man  devient officielle : il est le garde du corps de Tony Stark et a donc une bonne raison d'être toujours là quand l'industriel ou ses usines sont mises en péril par quelque cas social aux pouvoirs surhumains.
 
Tales of Suspense 52 voit l'introduction, dans une histoire écrite par N. Korok, de the Black Widow. Au début, la comtesse Natasha Romanoff est une femme fatale au service du Kremlin. Elle reprend le nom d'une super-héroïne des années 40 à la brève carrière. Son retour, dès le numéro suivant, coïncide avec l'apparition en couverture du premier logo de la série, "The Power of Iron Man". Pour le lecteur inattentif, ce titre plus gros que le Tales of Suspense officiel, peut faire penser que le comic book est celui d'Iron Man, même si celui-ci n'occupe toujours que treize pages du magazine. Les numéros 54 et 55 présentent la première histoire à suivre, qui est aussi le deuxième affrontement avec le Mandarin. Le 56 voit l'apparition de the Unicorn, avant-dernier super-bandit de cette première période.
The Black Widow par Don Heck
Au 57 apparaît Hawkeye. Cet archer de fête foraine décide de jouer les héros costumés après avoir vu Iron Man en action. Mais sa rencontre avec the Black Widow, dont il tombe amoureux, l'amène à devenir un criminel. Hawkeye est l'un de ces super-méchants dont Marvel se fait alors une spécialité et dont la vilénie est davantage le fruit des circonstances que d'une nature criminelle. Il reviendra aux numéros 60 et 64, où the Black Widow se verra dotée d'un costume et de pouvoirs réminiscents de ceux de Spider-Man. On reviendra sur cette apparition.

Tales of Suspense 57 fut la deuxième histoire de dix-huit pages d'Iron Man. Le numéro suivant fut la troisième et dernière, de même que la dernière apparition du logo "Power of Iron Man". En effet, Tales of Suspense 58 oppose Iron Man, non à un super-bandit mais à Captain America. Cet épisode prépare l'arrivée dans le magazine de la série consacrée à Captain America, qui démarra le mois suivant.
 
Tales of Suspense 59, daté de novembre 1964, marque le début de la formule qui durera jusqu'au changement de titre, soit quarante numéros. Iron Man dispose désormais de douze pages (soit une de moins que par le passé), et Captain America des dix restantes. De Tales of Suspense 59 à 69, les couvertures seront partagées par les deux héros. A partir du numéro 70, ils les occuperont en alternance.

La continuité d'épisode à épisode joue un rôle croissant dans les aventures d'Iron Man. Dans les numéros 59 et 60, il combat the Black Knight, ancien ennemi de Giant-Man rencontré dans les pages de The Avengers. Suite à ce combat, Tony reste prisonnier de son armure, ce qui fait soupçonner Iron Man de l'avoir tué. Ce problème est rapidement résolu mais l'alerte a été chaude et Tony encourage désormais l'idylle entre Pepper et Happy. En effet, il préfère la voir heureuse avec un autre que malheureuse avec lui. Or, quelle sorte de vie aurait-elle avec un homme dont l'existence est constamment menacée ? Cette problématique va servir de base au traitement des relations sentimentales de Tony Stark pendant plus de dix ans, jusqu'à devenir un cliché.

Au numéro 64 a lieu la dernière apparition d'Hawkeye et de la nouvelle Black Widow. Deux mois plus tard, Hawkeye se joint aux Avengers tandis qu'Iron Man quitte le groupe. Il n'y reviendra pas de manière régulière avant 1971. L'actualité est évoquée à travers la World's Fair de New York, qui a ouvert ses portes, et par le fait que Nikita Khrouchtchev est montré dans l'épisode "juste avant sa chute". Nous sommes en 1964. Tales of Suspense va encore durer quatre ans.

En 1965 ont lieu la première apparition de Morgan Stark, cousin de Tony et plus proche parent de celui-ci. Mais Morgan n'est qu'un bon à rien, jaloux de son cousin et qui mettra celui-ci dans des situations délicates.

La même année apparaît dans la bande le sénateur Byrd, qui cherche à obliger Tony Stark à révéler au gouvernement américain l'identité d'Iron Man et les secrets de son armure. Evidemment, Stark fournit des armes essentielles à la défense de son pays et la démarche de Byrd est parfaitement logique. D'autant que la même année, Tony Stark participe à la création du S.H.I.E.L.D. dans Strange Tales et devient responsable de la division armements de l'organisation. Avec malice, les scénaristes de Nick Fury, agent of S.H.I.E.L.D. éviteront de montrer Tony Stark sous l'identité d'Iron Man.

Enfin, dans Tales of Suspense 69 apparaît the Titanium Man, version négative d'Iron Man évidemment créée par les communistes. Au cours de l'affrontement entre les deux titans de métal, Happy Hogan apprend la double identité de son patron et manque de mourir pour le sauver. Les mois qui verront son rétablissement établiront de façon certaine que Pepper aime Happy.
Tales of Suspense 69
A cette époque, la série prend la forme feuilletonesque que nous lui connaissons encore et il n'est désormais pas rare qu'une aventure se poursuive sur deux, voire trois numéros. Ce rythme plus mesuré permet aux auteurs de mieux exploiter certaines situations intéressantes mais il signifie aussi que la bande évolue plus lentement.

Le premier numéro daté de 1966 (et donc paru fin 1965) est Tales of Suspense 73. Il contient un changement de taille puisque le fidèle Don Heck cède la place à un certain Adam Austin, au style extrêmement dynamique. Il s'agit, bien sûr de Gene Colan, qui va livrer une des plus belles versions d'Iron Man, encré par Jack Abel, sous le pseudonyme de Gary Michaels. Est-ce parce qu'ils travaillaient auparavant pour DC et Warren que les deux dessinateurs se sentent obligés de prendre des pseudonymes ? Toujours est-il que la mascarade durera environ six mois. Gene Colan, assisté de divers encreurs, restera sur Iron Man jusqu'au début 1968, quand la série obtiendra son propre comic book. Les seuls événements notables de 1966 sont la transformation, le temps de deux numéros, de Happy Hogan en Freak, une créature destructrice qu'Iron Man doit combattre pour essayer de guérir son ami, le passage d'Iron Man à Washington pour témoigner devant une commission d'enquête du Sénat, et l'emprunt par Happy de l'armure d'Iron Man pour combattre le Mandarin à la place de son patron, empêché. C'est la première fois qu'un ami de Tony Stark enfile l'armure à la place de Tony. Ce ne sera pas la dernière.


L'année 1967 voit la destruction et la reconstruction de l'usine Stark et l'abandon de son enquête par le sénateur Byrd, convaincu désormais qu'Iron Man est le mieux à même de garder les secrets de Tony Stark. Au niveau des intrigues, on sent un certain essoufflement, avec la réutilisation d'ennemis  désormais classiques, Mandarin, Titanium Man, Mole Man (déjà vu dans Fantastic Four, X-Men, Avengers et The Incredible Hulk) et une nouvelle version du Melter. Seul nouvel ennemi, the Crusher disparaît aussitôt apparu. Dans le numéro où apparaît ce méchant (Tales of Suspense 91), Pepper et Happy viennent annoncer leur mariage à Tony Stark. Celui-ci n'en est pas autrement surpris, ayant observé le développement de leur amour réciproque. Par réaction, Stark retourne à sa vie de playboy, changeant de compagne tous les soirs, ce qui lui évite surtout de s'attacher à une seule d'entre elles. Le donjuanisme de Tony Stark trouve une première justification dans l'amour malheureux porté à Pepper.

L'année se clôt par l'introduction d'un nouveau personnage déjà connu des fidèles  des Marvel comics puisqu'il s'agit de Jasper Sitwell, jeune agent du S.H.I.E.L.D. venu de Strange Tales. Jasper fait son entrée officielle dans Tales of Suspense 95, juste à temps pour seconder Iron Man dans son combat contre the Grey Gargoyle, un ancien ennemi de Thor. L'arrivée de Sitwell renforce le lien entre les usines Stark et le S.H.I.E.L.D., le jeune homme devenant responsable de la sécurité des installations. Malgré sa jeunesse et son côté boy scout, Jasper se révèle vite extrêmement compétent. Il arrive à point pour remplacer Pepper et Happy dont on devine qu'ils ne vont plus faire long feu aux usines Stark après leur mariage.
 
Le début de l'année 1968 voit l'affrontement d'Iron Man et de la Maggia, l'organisation criminelle du Count Nefaria qui se voit remaniée et dotée d'un nouveau chef, Big M. C'est au cours de cet affrontement - où il combat aussi l'A.I.M. et un nouveau super-ennemi, Whiplash - qu'Iron Man quitte Tales of Suspense. Sa dernière apparition, dans le numéro 99, est également un nouveau départ puisque Archie Goodwin remplace Stan Lee au scénario.

Curieusement, alors qu'il est plus ancien dans le comic book, Iron Man cède la place à Captain America dont le titre reprend la numérotation de Tales of Suspense avec le numéro 100, d'avril 1968. Iron Man, pour sa part, est en partance vers son propre titre, après cinq ans d'existence. La série connaît une formule stable et est visuellement l'une des plus fortes de l'univers Marvel. Avec la fin de l'ère Stan Lee, un nouveau chapitre s'ouvre pour celui qui est surnommé "le vengeur doré".
 
 
 

 
 



Créer un site
Créer un site