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La traversée du désert

D'autres super-héros  1992 - 2000
(article tiré de Les Inrockuptibles HS 72)



The Mask de Chuck Russel  1994

The Mask est sorti en 1994, en pleine Carreymania. La même année se succédaient sur les écrans Ace Ventura, détective pour chiens et chats, et surtout Dumb & Dumber, permettant au monde entier de découvrir, d'un coup, le talent d'un acteur au visage et au corps follement élastiques - le plus grand burlesque de la fin du siècle précédent. Dans cette moisson prodigieuse, le film de Chuck Russell (Freddy 3, Le Blob), adapté d'une série de comic books, est le moins intéressant, mais demeure un sympathique véhicule au service de grand Jim. Celui-ci y joue Stanley Ipkiss, un employé de banque timoré qui met un jour la main sur un masque aux propriétés magiques : lorsqu'il le porte, il se transforme en invincible trublion à la peau verte et aux immenses dents blanches, capables de plier le monde à ses désirs. Plus rien ne lui résiste, à commencer par la belle Tina (Cameron Diaz, dans son premier rôle), calquée sur la sculpturale chanteuse de cabaret de Tex Avery...
Doté d'un scénario de pulp très succinct, The Mask mise tout sur les effets spéciaux et la plasticité de son comédien. Or, il y a un élément de trop : à l'évidence, Carrey n'a pas besoin de distorsions numériques - celles-ci entrant alors dans leur âge adulte sous la houlette d'Industrial Light and Magic de George Lucas - pour fasciner et provoquer l'hilarité. Dès lors, le film est pléonastique, ce qui ne l'a pas empêché d'être le quatrième plus grand succès de l'année, et de susciter une série télé, un jeu vidéo et une suite dispensable (Le Fils du Mask en 2005). Jacky Goldberg
Avec Jim Carrey, Cameron Diaz, Peter Riegert...



The Shadow de Russel Mulcahy  1994

Héros de pulps, de feuilleton radio et influence avouée sur le comics Batman, The Shadow connut plusieurs adaptations en sérials dans les années 1940, et une version nineties dans la foulée des Dick Tracy et autres Rocketeer rétro. Le héros est un ancien seigneur de la guerre tibétain forcé par un prêtre à faire le bien. A New York, il combat les gangsters avec ses pouvoirs hypnotiques et son look théâtral, planqué sous une fausse vie de play-boy. La reconstitution avant-guerre est stylée, mais le coup de génie est d'avoir embauché Alec Baldwin dans le rôle, idéalement fringant mais surtout une voix sublime, séductrice, dramatique à souhait. Si l'idée de voir Alec coiffé comme dans Highlander (par le même réalisateur Russell Mulcahy) vous coupe l'appetit, vous pouvez juste écouter The Shadow sans l'image, comme à la radio. Son phrasé snob et grandiloquent n'en est que plus dévastateur. Léo Soesanto
Avec Alec Baldwin, John Lone, Penelope Ann Miller...




Les 4 Fantastiques d'Oley Sassone  1994

Les 4 Fantastiques cuvée 1994 est une vraie curiosité (et on ne devrait pas en parler puisque le film n'est même pas sorti en salles). Soit l'idée d'un film torché parce que - selon la légende - les droits d'adaptation expiraient sous peu. Le producteur allemand Bernd Eichinger (L'Histoire sans fin, Resident Evil) fait équipe avec le roi de la série B Roger Corman pour produire une version des 4 Fantastiques pour la somme ridicule d'1 million de dollars. Le film a en effet l'air d'avoir été réalisé dans les années 1960 pour un drive-in - les brushings impossibles, le jeu naïf des acteurs, les décors en carton et les effets spéciaux rudimentaires avec une mention spéciale pour le "bras" étiré de Reed Richards (une prothèse télescopique) - et en a un peu le charme désuet. Mais dans les années 1990, sortir le film en l'état pour Marvel aurait déprécié totalement la marque Fantastic Four, et le film est alors mis sur une étagère et au rayon légendes urbaines. Léo Soesanto
The Fantastic Four, avec Alex Hyde-White, Jay Underwood, Rebecca Staab...



The Crow d'Alex Proyas  1994

Peut-être plus célèbre pour le sort funeste de son interprète Brandon Lee (mort accidentellement sur le tournage) que pour ses qualités propres, l'adaptation de la BD The Crow de James O'Barr se défend encore bien vingt ans plus tard. Alex Proyas y fait vivre un bout de Detroit cauchemardesque, à peu près tout le temps enténébré (un brouillon, construit entièrement en studio, de son Dark City) et nous fait croire à son justicier revenu d'entre les morts pour venger sa fiancée, guidé par un corbeau. L'enfant bâtard et blafard d'Edgard Poe et de Batman, Harlequin violent annonçant presque le Joker version Heath Ledger. Sous le maquillage et la B.O. pour fanboy gothique et headbanger des années 1990 (The Cure, The Jesus and Mary Chain, Rage Against the Machine...). The Crow est heureusement un peu plus qu'un super-héros emo grâce à la présence habitée de Lee, gracieuse, agile et tragique. Léo Soesanto
Avec Brandon Lee, Michael Wincott, Rochelle Davis...




Le Fantôme du Bengale de Simon Wincer 1996

Ancêtre de Batman et de la Panthère noire, The Phantom est un justicier de la jungle, issu d'une dynastie de redresseur de torts depuis le XVIe siècle. Contemporain dans les années 1930 de Mandrake (par le même créateur Lee Falk), "l'Ombre qui marche" porte masque, justaucorps violet et un anneau arborant un crâne. Sergio Leone était fan et voulait en tirer un film. Simon Wincer (D.A.R.Y.L.) fait, lui, un film d'aventures inoffensif à la Indiana Jones, où Billy Zane arbore fièrement les biscoteaux sculptés pour l'occasion et le regard louche/impétueux qui fera ensuite merveille dans Titanic. La curiosité principale du film : Catherine Zeta-Jones, bravache en pirate de l'air, chef d'un gang de jeunes femmes qui auraient troqué les motos pour des avions. Léo Soesanto
The Phantom, avec Billy Zane, Kristy Swanson, Treat Williams...



Blade de Stephen Norrington 1998

Entre le four Howard : une nouvelle race de héros et le carton des X-Men, Blade fut le premier personnage Marvel adapté avec succès (commercial) pour le grand écran. Un super-héros second couteau des années 1970, mi-homme, mi-vampire, spécialisé dans la traque des suceurs de sang. Blade affronte ici un jeune vampire déterminé à faire sortir de l'ombre ses pairs, réticents, pour dominer la race humaine. Le film de Stephen Norrington arrive pile poil au bon moment, lorsque le cinéma fin des années 1990-début des années 2000 permet de décontracter des super-héros jusque-là un peu rigides (en 1989, la cagoule de Batman/Michael Keaton l'empêcher de tourner la tête) grâce à l'ingestion du cinéma d'action hongkongais et aux effets numériques (certes parfois approximatifs).
Tout est là pour obtenir le film le plus cinétique possible - aidé par la B.O. techno. Wesley Snipes prête sa carrure et sa souplesse idéales au rôle-titre et débite avec élégance les vampires au sabre. Le mix super-héros/horreur marche mieux que prévu, car les changements corporels chers aux genres, de la puberté aux mutations génétiques, fusionnent avec cohérence et prennent de l'ampleur grâce aux effets spéciaux. Ceci est mon corps, cesi est mon sang, et dans tous les états, des vampires qui se désintègrent à la célèbre pluie d'hémoglobine en pleine rave dans la scène d'ouverture. Guillermo del Toro exacerbera ces motifs, tendance Alien, dans Blade 2. Léo Soesanto
Avec Wesley Snipes, Stephen Dorff, Kris Kristofferson...




Mystery Men de Kinka Usher  1999

Lorsque sort Mystery Men en 1999, les super-héros n'ont pas encore procédé à leur OPA sur le box-office (il faudra attendre un an et la sortie du premier X-Men), et ils se cantonnent encore le plus souvent aux bacs encombrés des comic book stores. C'est précisément là que sont nés les Mystery Men : avant d'être transposés sur grand écran, ils déployaient leur incompétence et leurs super-pouvoirs dérisoires sur les pages du Flaming Carrot, un comic indépendant et parodique de Bob Burden. Doté d'un budget confortable de 68 millions de dollars, le film passa plutôt inaperçu, et son réalisateur Kinka Usher s'en retourna à son métier d'origine : la pub.
S'il ne brille pas par sa réalisation, grossière, Mystery Men a néanmoins le charme des "broad comedies" à l'humour lourdingue qui étaient alors à la mode (Galaxy Quest, Austin Powers, Inspecteur Gadget...). Le film utilise intelligemment la mythologie des super-héros pour faire l'éloge des losers et l'apologie de la solidarité, thèmes certes rebattus mais toujours porteurs. Il impressionne surtout par son casting et l'utilisation idiosyncratique qu'il fait de chaque acteur : Ben Stiller le magnanime joue le très énervé M. Furieux, William H. Macy est la Pelle, brimé par son épouse, Greg Kinnear, un prétentieux Capitaine Admirable et Geoffrey Rush imite à la perfection Peter Sellers (cinq ans avant de le faire pour de bon dans un biopic) pour composer le vilain Casanova Frankenstein. Sans compter les apparitions de Hank Azaria, Janeane Garofalo, Tom Waits et Paul Reuben (Pee Wee). Un film précurseur enfin, qui annonçait la déconstruction à venir des super-héros avec Kick-Ass ou Super. Jacky Goldberg
Avec Ben Stiller, Janeane Garofalo, William H. Macy...



Et aussi

Meteor Man de Robert Townsend (1993), Power Rangers, le film de Bryan Spicer (1995), Black Scorpion de Jonathan Winfrey (1995), Darkman II : le retour de Durant de Bradford May (1995), Judge Dredd de Danny Cannon (1995), Darkman III de Bradford May (1996), The Crow, la cité des anges de Tim Pope (1996), Justicier d'acier de Kenneth Johnson (1997), Black Scorpion II : Aftershock de Jonathan Winfrey (1997).
 
 
 
 



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