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Le premier âge d'or  (article tiré de Les Inrockuptibles HS 72)

D'autres super-héros 1978-1992  




Condorman de Charles Jarrott 1981

Production Disney lancée dans le sillage des premiers Superman avec Christopher Reeve, Condorman tente dès 1981 le film de super-héros méta (ou presque). Son personnage principal, un américain à Paris du nom de Woody Wilkins, ne dispose d'aucun super-pouvoir, si ce n'est ceux de l'imagination. Car l'homme est un dessinateur de bandes dessinées et le créateur d'un personnage de super-héros du nom de Condorman. Mais Woody est un auteur sérieux, pas comme ces petits rigolos de chez Marvel, et il tient au réalisme de ses oeuvres. Entraîné malgré lui (mais sans résistance excessive) dans une histoire d'espionnage (et de Moscou à Monte-Carlo en passant par la Yougoslavie) aux côtés d'une Russe qu'il doit aider à passer à l'Ouest, le dessinateur confrontera ses inventions théoriques (une voiture qui se transforme en hydroglisseur ou une aile volante qu'il a d'abord testée en sautant de la tour Eiffel) au réel (bien fantaisiste, en l'occurence). Le résultat est mollement comique, gentiment ringard et rate un peu la piste alléchante du duel entre auteur et lecteurs esquissé dans une séquence qui montre les agents du KGB découvrant la BD ayant servi de modèle au "vrai" Condorman et à ses gadgets jamesbondiens. C'était sans doute sa meilleure chance de décoller. Erwan Higuinen
Avec Michael Crawford, Oliver Reed, Barbara Carrera, James Hampton...




La Créature du marais de Wes Craven 1982

Le Retour de la créature du lagon de Jim Wynorski 1989

Swamp Thing est un super-héros (ou plutôt antihéros) DC Comics, vrai tract écolo ambulant: un scientifique transformé en homme-plante, protecteur de son marais de Louisiane. Cette adaptation est alors pour Wes Craven prétexte à montrer qu'il peut sortir de sa zone de confort des films d'horreur et trousser quelque chose de plus commercial. Mais même avec se barbouzeries et commandos menés par Louis Jourdan en savant fou, le film doit plus à L'Etrange Créature du lac noir qu'à Superman - une version en latex de La Belle et la Bête avec Adrienne Barbeau, égérie sexy de John Carpenter, blottie dans ses bras en mousse. Le charme bis (lorsque la Chose des marais conte fleurette à Barbeau et lui vante la beauté des marécages) laissera place à un ton encore plus camp dans sa suite, avec Heather Locklear période Dynastie (tout est dit) en demoiselle en détresse: "Je ne peux vous offrir l'amour que vous attendez", grogne la Chose. "Mais si, je suis végétarienne", répond Heather. Le Retour de la créature du lagon ressemble à du Troma avec à peine plus de moyens. Léo Soesanto
Swamp Thing, avec Louis Jourdan, Adrienne Barbeau, Ray Wise...
The Return of Swamp Thing, avec Dick Durock, Heather Locklear, Louis Jourdan...




Toxic de Michael Herz et Lloyd Kaufman 1984

Avec Toxic, Lloyd Kaufman (producteur crédité à la mise en scène sous le pseudonyme de Samuel Weil) et ses complices de la maison de production Troma, experts en mauvais goût, inventent le super-héros trash et gore. Suivant avec une rigueur rigolarde les règles et étapes du genre, ils transforment un ex-benêt balayeur de salle de gym et souffre-douleur des musclés et des blondes sans scrupules et imbécilement heureux en vengeur défiguré après sa chute dans un fût de déchets toxiques alors qu'il tentait d'échapper à ses tortionnaires. Le Toxic Avenger, néo-Hulk (sans passage par la case Bruce Banner) aux yeux mal alignés et à la peau craquelée, est un monstre gentil mais sans pitié, qui arrache bras, têtes et tripes des méchants sous les applaudissements de la foule. Et sauve du viol une aveugle maladivement maladroite auprès de qui il trouvera l'amour, ce qui lui permettra d'errer, seul à crever, le long des voies de chemin de fer après une bonne journée de massacres bien intentionnés. La morale du conte de série Z, au fond assez classique, est que le plus monstrueux n'est pas forcément celui qu'on croit. Et surtout, entre parodie facile, satire plus fine qu'on ne pourrait le croire - car, oui, Toxic est politique - et exploitation sans vergogne, que les freaks sont à jamais nos amis. Erwan Higuinen
The Toxic Avenger, avec Andree Maranda, Mitch Cohen, Jennifer Babtist...




Supergirl de Jeannot Szwarc 1984

Superman ayant quitté la Terre pour participer à un sommet interplanétaire pour la paix (sic), sa blonde cousine Kara Zor-El (la presque débutante Helen Slater) prend la relève. Elle aussi vient de l'espace, mais d'une colonie de Kryptoniens dont l'avenir est menacé après la disparition d'une sorte de boule magique qui était sa principale source d'énergie. Et qui vient malencontreusement de tomber sur notre planète. La jeune fille porte le même costume que son cousin Kal-El et se révèle tout aussi méconaissable en civil. Elle se fait alors appeler Linda Lee et devient brune - un subterfuge qui vaut bien les lunettes de Clark Kent. Mais, plutôt qu'au sein de la grande métropole américaine, c'est dans une petite ville qu'elle va vivre de folles aventures avec, dans les meilleurs moments, ceux où elle se fait ballerine aérienne au coeur d'artichaut, un entrain ado rafraîchissant. Il y a du teen movie pré-Spider-man (celui de Sam Raimi) dans Supergirl, mais en version girlie, avec discussions dans le dortoir des filles (avec Lucy Lane, la petite soeur de Lois) et coups d'oeil appuyés aux garçons. Le film s'égare malheureusement assez vite dans des péripéties démoniaques de type Ghostbusters un rien hors sujet - et surtout assez mornes, malgré l'abbatage de Faye Dunaway en vile sorcière. Et se dégonfle pour devenir une toute petite chose pas très belle et banalement surnaturelle. Erwan Higuinen
Avec Helen Slater, Faye Dunaway, Peter O'Toole...



Howard: une nouvelle race de héros de Willard Huyck 1986

Il échut à Howard le Canard le privilège d'être le premier personnage Marvel adapté pour le grand écran depuis Captain America dans les années 1940. Produit par George Lucas, le film échoua trente ans auparavant là où Les Gardiens de la galaxie réussirent : imposer un héros obscur et improbable du catalogue, ici un canard extraterrestre et fan d'aïkido, débarquant par erreur sur Terre et amené à la protéger des "Seigneurs noirs de l'espace". Le public d'alors ne sut quoi penser : une resucée de Retour vers le futur (avec la même actrice, Lea Thompson) ? Une comédie musicale (Howard est manager d'un groupe de rock) ? Un film pour enfants bourré d'allusions sexuelles (et donc zoophile, au vu du héros, aussi porté sur la bouteille) ? Un truc en plumes joué par une marionette et un acteur dedans (en fait six) ? Howard est à peu près tout cela et fut un flop monumental, mais reste souvent fascinant à cause de la rigidité presque cadavérique de son protagoniste à bec en toute situation. Des images de synthèse, une technologie plus au point auraient pu le sauver : c'est la leçon de la courte apparition d'Howard dans... Les Gardiens de la galaxie. Léo Soesanto
Howard the Duck, avec Léa Thompson, Tim Robbins... Disponible en Blu-Ray/DVD et DVD Collector depuis le 15 avril (Elephant Films).




The Toxic Avenger Part II de Michael Herz et Lloyd Kaufman 1989

The Toxic Avenger Part III - The Last Temptation of Toxie de Michael Herz et Lloyd Kaufman 1989

Le Toxic Avenger, palme du super-héros le plus moche mais le plus sympa et mascotte de Troma, génère deux suites en 1989, en fait un seul film tronçonné en deux car trop long. Encore plus non-sensique que le premier, Toxic Avenger 2 voit son héros prendre une planche à voile à la recherche de son père au Japon (pays alors très excité à l'idée de cofinancer un Toxic Avenger), affronter d'inévitables sumos, tandis qu'Apocalypse Inc., une multinationale maléfique, cherche à prendre le contrôle de sa ville natale. Dans Toxic Avenger 3, c'est l'affrontement avec Apocalypse Inc., après que le personnage accepte d'y travailler comme employé de bureau et découvre que le capitalisme, c'est le mal, puisque son patron est le diable. Soit, à l'échelle troma-tique, le volet le plus politisé. Léo Soesanto
Avec Ron Fazio, John Altamura, Phoebe Legere...



Punisher de Mark Goldblatt 1989

Personnage pourtant inspiré d'un certain courant seventies au cinéma (L'Inspecteur Harry et autres justiciers), le Punisher n'a jamais fait trop d'étincelles au cinéma. Lorsque Dolph Lundgren se met dans la peau de Frank Castle, l'ex-flic en guerre contre la pègre après le massacre de sa famille, il se la joue comme dans un Stallone/Schwarzenegger des familles, le budget en moins (en guise de New York, le film est tourné en Australie). Pendaison, défenestration, poignard, flingue ou grenade : Dolph Lundgren dézingue à tout-va, mâchoire serrée, dans cette version à la fois ultra-violente et allégée du Punisher - au revoir la personnalité borderline et le célèbre crâne comme emblème. Place à un film de son époque, marqué par la paranoïa US antijaponaise d'alors via ses mafieux assaillis par des yakuzas (remplacez par Sony ou toute autre multinationale nippone alors en voie de racheter les entreprises américaines), trafiquants d'enfants qui plus est. Léo Soesanto
The Punisher, avec Dolph Lundgren, Louis Gossett Jr., Jeroen Krabbé...




Captain America d'Albert Pyun 1990

Entre le serial des années 1940 et le film de Joe Johnston (2011), il y eut un Cap à l'écran, interprété par Matt Salinger (fils de J.D.), et ce n'est pas la première des bizarreries. Son ennemi Crâne rouge, nazi dans la BD, devient un fasciste italien répondant au prénom de Tadzio (point Visconti atteint) et s'est spécialisé dans l'assassinat d'opposants au complexe militaro-industriel américain comme les frères Kennedy ou Martin Luther King. Le film se drape dans un discours écolo dans son générique de fin avec un message appelant à soutenir la politique anti-pollution du gouvernement Bush Sr. Le budget n'a pas l'air conséquent et le costume de Cap pas très seyant. Mais ouin, c'est bien sûr, il s'agit d'une production solo de Menahem Golan, l'une des deux têtes de l'usine à nanars Cannon avec son cousin Yoram Globus. Il fut un temps où la Cannon louchait sur le catalogue Marvel : il faillit produire son Spider-Man, que Golan envisageait comme un "alien à huit bras". Captain America a lui-même failli être réalisé par Michael Winner, l'ineffable auteur d'Un justicier dans la ville, et sa version aurait été autrement plus vicieuse que ce film bon enfant qui, dans sa façon de faire de Cap et Crâne rouge des sortes de jumeaux opposés, n'est en fait pas loin de l'adaptation de 2011. Léo Soesanto
Avec Matt Salinger, Ronny Cox, Ned Beatty...



Les Aventures de Rocketeer de Joe Johnston 1991

En guise de super-pouvoir, le Rocketeer ne possède qu'un accessoire trouvé par hasard et qui suscite la convoitise d'a peu près tout le monde : le FBI, des gangsters, une star de cinéma à moustache jouée par Timothy Dalton (et librement inspirée d'Errol Flynn) et même l'Allemagne nazie - Rocketeer se déroule en 1938. Il s'agit d'un jet pack d'une puissance incroyable, conçu par Howard Hughes et permettant à celui qui sait le maîtriser de décoller vers les cieux, de rejoindre un avion en perdition ou de voler à l'assaut d'un zeppelin. Le jeune Cliff Secord (Billy Campbell), qui ne demandait qu'à piloter de beaux avions et à emmener sa jolie fiancée actrice (Jennifer Connelly) dîner pas trop loin de l'aérodrome, se retrouve ainsi changé en une sorte d'Iron Man vintage dont le petit truc en plus (le réacteur dorsal) est aussi le MacGuffin du film de Joe Johnston (qui replongera dans le super-héroïsme vingt ans plus tard avec Captain America : First Avenger). Fantaisie néo-rétro dans laquelle le cinéma et l'aviation sont présentés comme deux moyens pas si différents de vaincre la pesanteur, Rocketeer est adapté d'un comic book où l'auteur, Dave Stevens, rendait hommage aux serials des années 1940 et 1950 et à leurs rocket men. Dans le sillage d'Indiana Jones, il retrouve justement quelque chose de leur esprit aventurier, une forme de fraîcheur, presque de naïveté, malgré les ambitions de Disney (d'autres films ! plein de jouets !) que le box-office aura finalement bien douchées. Erwan Higuinen
The Rocketeer, avec Billy Campbell, Jennifer Connelly, Alan Arkin...


 
 
 
 



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