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Dossier Daredevil paru dans Spécial Strange 100 de septembre 1995

Spécial Strange 100 de Semic



En 1994, Matt Murdock alias Daredevil a eu trente ans. Un anniversaire mouvementé comme le prouve les événements racontés dans Renaissance. Mais pour le super-héros aveugle de Marvel, ce n'est qu'une péripétie de plus.


Daredevil est le dernier grand super-héros de la première ère Marvel, celle des tout débuts, quand la toute petite compagnie ne publiait qu'une poignée de titres. Stan Lee profita de l'arrêt d'un comic book d'humour, Kathy, pour lancer ce nouveau titre de super-héros. Daredevil 1 est daté d'avril 1964. Sur la couverture, Spider-Man et les Fantastic Four viennent parrainer leur nouveau collègue.




Naissance d'un héros

Fils du boxeur Battling Murdock, le jeune Matthew a dû s'entrainer en secret pour devenir un athlète complet sans déplaire à son père, qui voulait avant tout qu'il étudie. Ayant perdu la vue en portant secours à un aveugle, Matt découvre que ses autres sens sont amplifiés et qu'il est doté d'une sorte de "radar" qui lui permet de se localiser à la manière d'une chauve-souris. C'est l'assassinat de Battling Murdock par la pègre qui poussera le jeune Matt à poursuivre les criminels sous l'identité de Daredevil.


Mais l'intérêt de Matt Murdock pour le crime ne s'arrête pas là. Devenu avocat, il prend souvent la défense des bandits qu'il arrête en tant que Daredevil. La double vie  de l'avocat aveugle est un élément très important de la série. Matt doit très vite détourner les soupçons de son associé, Franklin "Foggy" Nelson, et de leur secrétaire, la belle Karen Page, pour laquelle il soupire en secret.


En anglais, un "daredevil" est un casse-cou, et notre héros justifie son nom : il est aisément le plus acrobate des héros Marvel, sautant de toit en toit avec pour seule aide sa canne d'aveugle reconvertie en lance-grappin. Son costume rouge et jaune, sans trop semblable à l'armure d'Iron Man, sera changé au numéro 7 pour la version rouge que DD a portée jusqu'à Renaissance.




Du pain sur la planche

Même s'il passe entre les mains de Bill Everett, Joe Orlando, Wallace Wood, Bob Powell, Jack Kirby et John Romita au cours de ses dix-neuf premières aventures, c'est surtout Gene Colan qui va marquer de sa patte graphique le super-héros aveugle. Présent sur la série presque sans interruption du numéro 20 (juillet 1966 - Strange 20) au numéro 100 (juin 1973 - Strange 96), Colan met en valeur les qualités acrobatiques du héros, le faisant bondir de building en building avec puissance et souplesse.


Entretemps, les exploits de l'homme sans peur auront été repris par Roy Thomas, Gerry Conway puis Steve Gerber. C'est Roy Thomas qui prit la décision d'écarter de la série la jolie Karen, promue à une carrière d'actrice à Hollywood. Son successeur, Gerry Conway, donna à Matt une nouvelle flamme qui, innovation, l'aiderait aussi dans sa lutte contre le crime : la bondissante Veuve Noire (Black Widow dans Daredevil 81 - Strange 79). Les deux héros quittèrent un temps New York pour San Francisco.


Mais Matt Murdock ne pouvait pas se passer longtemps de l'air de sa ville natale. Rentré à New York, séparé de la Veuve Noire, Matt rencontre une nouvelle "femme de sa vie" en la personne d'Heather Glenn, riche héritière un peu fofolle (Daredevil 126 - Strange 123). Créativement, cette période est marquée par une certaine instabilité des scénaristes (Gerber, puis Tony Isabella, Marv Wolfman, Jim Shooter et Roger McKenzie) et des dessinateurs (Don Heck, Bob Brown, Gil Kane, Carmine Infantino).




Une révolution nommée Miller

Malgré tous ces talents, Daredevil avait tendance à ronronner, ce qui est un comble pour une série de super-héros. L'arrivée (Daredevil 158 - Strange 155) d'un jeune dessinateur nommé Frank Miller allait la réveiller.


D'abord en duo avec McKenzie, puis en solo (mais toujours efficacement secondé à l'encrage par Klaus Janson), Miller entreprit de donner à Matt Murdock un coup de jeune. L'atmosphère devint plus dure, l'aspect acrobatique des combats fut renforcé. Alors que Daredevil avait rencontré de nombreux super-ennemis au cours de sa carrière, peu sortaient vraiment du lot. Miller mit en avant le Caïd (the Kingpin), maître de la pègre de New York, et le psychopathe Tireur (Bullseye). Enfin, Miller approfondit le rôle des personnages secondaires (Foggy épousa enfin sa fiancée de longue date, Déborah Harris) et en introduisit de nouveaux, en particulier le journaliste Ben Urich.


Mais surtout, Miller est à l'origine d'un personnage unique, Elektra, à la fois alliée et ennemie de Daredevil, qu'elle a connu alors qu'il n'était que Matt Murdock (Daredevil 168 - Strange 164).




Un nouveau départ

Après le départ de Miller au numéro 191, ses successeurs (Denny O'Neil au scénario, Janson puis William Johnson au dessin) firent de leur mieux. Un tout jeune dessinateur arriva au numéro 208 (Strange 196) : David Mazzucchelli. C'est pour lui que Frank Miller effectua son grand retour en écrivant le scénario de Daredevil 227 à 233 (Strange 208 à 211, albums Comics USA 29 et 31). Dans ces épisodes, regroupés sous le titre de "Born Again", Daredevil voit son identité secrète livrée au Caïd par Karen Page, qui a sombré dans la drogue. Ruiné, rayé du barreau, menacé de mort, Matt Murdock trouvera la force de remonter la pente.


A l'issue de cette aventure, Matt Murdock s'installait dans le quartier défavorisé de Hell's Kitchen. C'est là que nous l'avions retrouvé pour les épisodes de la version intégrale Daredevil, dix-neuf numéros qui correspondent aux numéros 253 à 291 de la série américaine. On aura pu y apprécier le talent de la scénariste Ann Nocenti et du dessinateur John Romita Jr. Ils donnent à l'homme sans peur une nouvelle adversaire de taille en la personne de Typhoid Mary, avant de l'envoyer quelque temps se refaire une santé à la campagne après les événements mouvementés d'Inferno.


Revenu à New York, réassocié à Foggy, Matt entame le combat qui aboutira enfin à la Chute du Caïd (Daredevil 297 à 300, album Semic collection Privilège). Cette période est placée sous l'étoile montante du jeune graphiste Lee Weeks.




Et demain ?

Ce qui nous amène, peu ou prou, aux événements de Renaissance. Dan Chichester a repris le scénario de la série au numéro 301, Scott McDaniel s'en est vu confier le dessin au numéro 305. Au moment où Miller et Romita Jr racontent la jeunesse de Matt Murdock dans la mini-série Man Whithout Fear (Top BD 35 et 36), Chichester et McDaniel impriment une nouvelle direction plus sombre et plus dure à notre vieux tête-à-cornes. Ce tournant, intervenu dans les numéro 319 à 325, est symbolisé par son changement de costume, resté inchangé depuis 1965.


Cette histoire, vous l'avez lue dans le Top BD Renaissance. Quant à l'avenir de Daredevil, il commence aujourd'hui, dans Spécial Strange !


                                                                                           Jean-Paul Jennequin



 

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