Article issu de Scarce 45 daté de l'automne 1995
 

Mister Victor and Doctor Doom

 

Presque aussi vieux que ses ennemis jurés, le Doctor Doom a connu une carrière longue et mouvementée. Portrait d'un méchant increvable et inoxydable.

 


 

Fantask 2 des éditions LugEn créant le Doctor Doom dans les pages de Fantastic Four 5 (Fantask 2 de mars 1969, l'album 22 des FF "Duo Diabolique" (1980) L'album des 4 Fantastiques Duo Diabolique de Luget Strange Spécial Origines 172bis d'avril 1984), Stan Lee et Jack Kirby mettaient en place un vilain d'une trempe si exceptionnelle qu'il allait devenir la Némésis du célèbre quatuor fantastique. Présenté en juillet 1962, avec une facilité a posteriori déconcertante pour les créateurs actuels, le Doctor Doom revient dès le mois suivant (Fantask 2 et l'album "Duo Diabolique"), aux côtés de Namor, lui-même tout juste ramené des années 40. Le plébiscite intuitif du lectorat ne s'y trompa point, et Doom, pour ne considérer que le règne du King, se risque à de régulières incursions dans la série (Fantastic Four 10 [Fantask 4 de mai 1969 et l'album 24 "L'imposture de L'album 24 des 4 Fantastiques "L'imposture de Fatalis" des éditions LugFatalis" de 1981] ,16 à 17 [Fantask 6 et 7 de juillet et août 69 et l'album 26 des FF "Le micro-monde de Fatalis" de 1981] , 23 [Marvel 3 de juin 70 et l'album 30 des FF "La machination de Fatalis" de 1983] , 39 à 40 [Marvel 10 de janvier 1971 et l'album 37 "La bataille du Baxter Building" de 1985], 57 à 60 [L'album 4 des FF "Dr Fatalis" et le 5 "Voyage Cosmique" de 1974, réédité en Strange Spécial Origines 172bis de Lug1987 dans les albums 42 et 43] , 73 [Strange 37 de janvier 1973] , 84 à 87 [L'album des FF 11 de 1976 "Les robots de Fatalis"] , ainsi que les Annuals 2 [Album FF 24 "L'imposture de Fatalis" de 1981, Strange Spécial Origines 172bis d'avril 84] et 3 [Marvel 13 d'avril 1971 et Strange Spécial Origines 217bis de janvier 1988]), une obstination qui lui vaut de se tailler dans l'univers des Fantastic Four un royaume de choix.


Strange 37 de Lug

 

L'onomastique prédestinait le maître de la Latvérie à un grand destin. Dans Victor Von Doom, on trouve l'allitération à l'initiale, ici le "v", chère à Stan Lee (Peter Parker, Red Richards...), et Doom, patronyme court et quasiment phonétique, ne pouvait que ravir Kirby, créateur de Scott Free et Jason Blood. Doom évoque la frappe du marteau sur l'enclume du destin.

 

 

Son environnement thématique, rapidement très riche, évoque sans conteste une littérature populaire fortement aStrange 153 des éditions Lugncrée aux Etats-Unis, une mythologie européenne, une ambiance sépulcrale de vieille pierre et de mystère à laquelle Kirby, originaire comme son personnage du centre de l'Europe, fut sensibilisé très jeune. On navigue au début entre "L'Ile au Trésor", "Le Comte Strange 152 des éditions Lugde Monte-Christo" et la légende du Masque de Fer. Doom, c'est aussi une habile mélange entre le médiéval et le futurisme, mélange qui finit de séduire les lecteurs envoûtés par ce monarque du vieux continent. Dès le Fantastic Four 5, autre mixage intéressant, on découvre la jeunesse de Doom lorsque, à l'université, il tente d'allier magie et technologie pour accroître ses connaissances occultes et son pouvoir. Ses liens avec Richards, le détail de ses origines et la recherche désespérée de l'âme de sa mère feront par la suite l'objet de quelques excellents comics (Fantastic Four Annual 2, Iron Man 149 à 150 [Strange 152, 153 et 154 de août, septembre et octobre 1982] , Fantastic Four 278 à 279 [Nova 125 de juin 1988]). Enfin, en deux numéros, Doom sert de vecteur à l'introduction de deux thèmes porteurs de la série, le voyage dans le temps (FF5) et l'excursion dans l'espace (FF6), tout en transformant Namor en anti-héros ambigu à l'occasion d'une attaque épique du Baxter Building.Nova 125 des éditions Lug

 

 

Durant les années 60, alors que Fantastic Four atteint des sommets et que les menaces deviennent cosmiques (Galactus, les Inhumans, le Silver Surfer, les Krees), Doom persiste et signe, s'affirmant parmi les plus grands, Marvel 2 de Lugcomme un être aux multiples ressources, à l'intelligence redoutable et au charisme incontestée. Sa vie se présente comme un feuilleton à l'intérieur de la série, ses réapparitions embrayant directement sur le conflit précédent. Il semble disposer d'une vie autonome, comme en témoignent ses multiples invitations dans des séries voisines (Amazing Spider-Man 5 [Marvel 2 de mai 1970], Avengers 25, Daredevil 38 [Strange 36 de décembre 72]). Un personnage qui s'exporte aussi bien dispose donc d'une popularité exceptionnelle.




 

Strange 36 de Lug

Mais cette popularité est à double tranchant : les scénaristes en font parfois trop. On avait frôlé la catastrophe lorsque Lee s'était mis en tête de faire des deux voyageurs temporels, Doom et Rama-Tut (ce dernier apparu dans Fantastic Four 19 [Marvel 2 de mai 1970 et l'album des FF 27 "Le Pharaon du futur" de 1982]) , une seule et même personne (Annual 2). L'idée en a été reprise pour Kang (alias Rama-Tut, alias Scarlet Centurion, alias Immortus...) et développé dans Avengers, mais ne s'est heureusement pas greffée à Doom, un personnage déjà Album des FF "Le Pharaon du futur" des éditions Lugriche. En revanche, à l'occasion de sa bande dans les pages de Astonishing Tales (1 à 8, à partir d'août 1970 [Strange 16 et 17 d'avril et mai 1971]), le scénariste Roy Thomas saura donner au personnage un aspect héroïque, l'opposant à des adversaires extra-terrestres, androïdes ou révolutionnaires. Malheureusement, la réminiscence maladroite d'une idylle avec une certaine Valeria (héritée d'une aventure en solo dans Marvel Super Heroes 20) est assez plate et ramène le monarque à une dimension humaine banale et anodine. Cependant, c'est dans les pages d'Astonishing Tales 8 (Conway/Colan/Palmer) que l'on assiste pour la première fois à un combat magique de Doom pour délivrer l'âme de sa mère, condamnée aux enfers. La sStrange 17 des éditions Lugouffrance du souverain est formidablement décrite par Colan qui dessine un masque d'acier tourmenté sous les jeux de cape dans les ténèbres. Bien sûr, il perdra le combat, comme toujours, et l'âme de Cynthia Von Doom hurlerait encore dans les silences abyssaux. Cette bande, dessinée par Wood, Tuska et Colan, permet de mettre en lumière le côté humain, héroïque mais fragile, du personnage...


 


Voir aussi : La Machination de Fatalis / L'armure et le château de Fatalis / Fatalis dans Strange 56 / Les FF dans Scarce 45 / Stan Lee raconte les origines de Fatalis /


 
 



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