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Avengers : les années Buscema (3ème partie)   Paru dans Scarce 49 par Yvan Marie





Entré peu de temps auparavant chez Marvel, courant 1968, Sal n'a jusqu'à présent officié qu'en qualité d'encreur, souvent sur les crayonnés de son aîné (Silver Surfer 4-7, notamment) et, avec Avengers, il trouve son premier vrai grand rôle. Passionné par le dessin, Sal voue surtout une admiration sans faille pour John dont il est sans doute le premier fan. Toujours dans le sillage de son frère aîné, que cela soit chez Dell ou même chez Marvel, on imagine sans peine la consécration que fut pour lui cette promotion. Un regard sur les numéros passés de John (ou quand Sally rencontre Johnny...) suffit à donner des ailes à Sal ; et, d'une certaine manière, les cinq numéros qu'il signe pour la série n'ont pas à souffrir de la comparaison. Certes, son trait est plus fin, moins précis, sans doute plus hésitant, mais l'application qu'il met à la tâche est réelle, presque palpable. Quelque part, Sal a un modèle sous les yeux, des points de repère, et il sait tout à fait ce qu'il lui faut faire pour se hisser au meilleur de son art. Bien sûr, l'histoire du comic book ne lui accordera pas la même place qu'à John ; en revanche, elle lui reconnaîtra ses caractères d'artisan honnête, besogneux, indéfectible et attaché à son travail. Sous sa plume naissent Dr Spectrum, Nighthawk, The Whizzer (à ne pas confondre avec le personnage homonyme du Golden Age) et Hyperion (formant The Squadron Sinister qui, quelques années plus tard, eut son heure de gloire dans une maxi-série, The Squadron Supreme), ainsi que la plupart des membres de l'association criminelle Zodiac. Finalement, Sal Buscema ne s'en tire pas mal du tout et apporte sa pierre à l'édifice...


Après un fill-in que réalisent Frank Giacoia et Herb Trimpe, Avengers 74 marque le retour de John Buscema sur la série. A cette occasion, un nouveau venu se mêle de la partie, Tom Palmer, introduit par Roy Thomas. Palmer n'est chez Marvel que depuis début 1968 et, déjà, une solide réputation l'accompagne : bien que s'étant essayé au dessin avec le numéro 171, il a surtout encré Gene Colan sur Doctor Strange (numéros 172-183, septembre 1968 à novembre 1969), et Neal Adams sur X-Men (numéros 56-65, mai 1969 à février 1970). Dans les deux cas, son encrage sûr a contribué au regain d'intérêt suscité par des vedettes confirmées ; dans les deux cas également, il a participé aux derniers instants de séries trop rapidement condamnées (cette fatalité marquera d'autres étapes de sa riche carrière puisqu'il assistera aussi aux trépas de Tomb of Dracula, puis de... Avengers Vol. 1). Pour l'heure, l'alliance formée entre John Buscema et Tom Palmer fonctionne au-delà de toutes les espérances, favorisant le retour de Thor, Captain America, Iron Man, Quicksilver et Scarlet Witch (qui remplacent Yellowjacket et The Wasp, en partance). On peut supposer que travailler sur une série "de groupe" a ceci de confortable pour les dessinateurs qu'ils peuvent ainsi choisir leurs personnages... L'inconvénient en étant aussi que la multiplication des ceux-ci rend périlleux tout exercice de mise en scène collective. Un exercice dont se tire pourtant haut la main la nouvelle équipe artistique qui, ne reculant devant aucun exploit, invite les héros à se colleter avec d'autres groupes de vilains (le Zodiac - Avengers 77 -, The Lethal Legion - Avengers 78-79 -, et enfin, The Squadron Supreme - Avengers 85-86). Malgré ce capharnaüm de pantins dont il tire les ficelles, Roy Thomas n'en oublie pas pour autant son goût pour sortir des sentiers battus et introduit l'heroic fantasy dans la bande avec la création de Arkon the Imperion (une ébauche de son futur Conan ? - Avengers 75-76, 84), voire le western avec les débuts de Red Wolf et son loup, Lobo (lesquels auront droit à quelques développements dans Marvel Spotlight 1 et Red Wolf 1-9), dans Avengers 80-81. Il sait aussi faire preuve d'humour, à moins qu'il ne s'agisse de dérision ou encore d'un opportunisme lié à la montée des mouvements féministes aux Etats-Unis, lorsqu'il lance le premier groupe d'héroïnes, The Liberators, à l'occasion du numéro 83 (à notre connaissance, il s'agit de l'unique apparition de ce groupe, composé de Scarlet Witch, Black Widow, Medusa, The Wasp et d'une nouvelle venue dans l'univers Marvel, The Valkyrie ; nous n'avons pas non plus souvenir de l'existence d'une autre expérience en la matière).


Les différentes séries dont s'occupe à l'époque John Buscema ne lui permettent pas d'assister à la reconversion du Squadron Supreme, de même qu'à un retour sur les origines de Black Panther (Avengers 87), deux événements qui échoieront à Sal. Dernier numéro avant la Kree-Skrull War (traitée séparément dans ce dossier), Avengers 88 est un clin d'oeil à la science fiction avec notamment la présence d'Harlan Ellison aux côtés de Roy Thomas, l'histoire allant se finir dans les pages de Incredible Hulk 140.


Un peu à la manière des Fantastic Four 44 à 67 qui apportèrent au moulin Marvel du blé à moudre pour les années à venir (on y relève les créations successives de The Inhumans, Galactus, The Silver Surfer, Black Panther, Blaastar et Him, qui allait devenir Warlock), les Avengers 41 à 88 constituèrent la base essentielle au développement de nouveaux concepts inhérents à la série, telles que la création de nouveaux personnages (The Vision, Black Knight), l'intégration de personnages secondaires qui y firent l'essentiel de leur carrière (Hercules, Black Panther) ou l'introduction de vilains récurrents (Ultron). Dernier ajout à la légende, les débuts fugitifs de Tom Palmer qui, onze années durant (Avengers 255-402), allait imprimer son style à la série par delà celui de tous les dessinateurs qu'il aurait à encrer. Mais ceci est une autre histoire (à suivre dans notre prochain giant-sized numéro)...



                                                                                                     Yvan Marie



Traductions françaises

Poursuivant sa carrière française dans les pages du "Flash" Arédit Submariner, Avengers ne tarde pas à rejoindre la toute nouvelle collection, en couleurs et au format original, des "Super Star" créée début 1979. Trouvant momentanément refuge dans Le Fils d'Odin, la bande transite un temps par Namor, autre titre "Super Star", avant que ne lui soit attribué son propre périodique dont le premier numéro paraît au courant du troisième trimestre 1980. Le retard de la traduction française sur le matériel américain disponible incite Arédit à réactiver, mi-1981, certains titres de sa vieille collection "Flash". Thor accueille désormais les Avengers dans des aventures noir et blanc, alors que la série "Super Star" Les Vengeurs, opérant une brutale remontée dans le temps, reprend Avengers à partir du numéro 178. Du fait de crossovers, quelques numéros paraissent dans d'autres titres Arédit, comme Le Fils de Satan 2 (dans lequel l'épisode d'Avengers constitue le préambule au Doctor Strange 178) ou Hulk 8 (qui traduit Incredible Hulk 140 où s'achève le récit entamé dans Avengers 88), voire chez Lug, dont le Strange 46 présente Avengers 53 qui conclue l'aventure avec les X-Men de Strange 45 (X-Men 45). "Oublié" lors du passage de Namor à la revue Les Vengeurs, Avengers 65 se retrouve dans Thor 18 (de la collection "Flash"), quelques mois plus tard. Par ailleurs, le lecteur attentif découvrira les deux premiers annuals, publiés de manière erratique par Arédit, dans un hors-série Les Vengeurs, La Menace du Mandarin (septembre 1983) et Gamma 10 (troisième trimestre 1980). On le voit, la périodicité d'Arédit ne reposait pas sur le respect de la chronologie américaine (ce qui est d'autant plus génant que ces deux épisodes s'insérent dans la numérotation de la série mensuelle...).


 
 
 
 



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