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Les Avengers : les années Buscema (2ème partie)   Paru dans Scarce 49 par Yvan Marie

 
Présenté par Captain America dans l'avant-dernière case de Avengers 51 (il était temps !), Black Panther devient un Vengeur dès le numéro suivant (il est des parrainages difficilement contestables...), marquant par son arrivée une nouvelle ère pour le groupe qui voit, dans les mois suivants, nombre de changements l'affecter. Ainsi, le nouveau Black Knight, neveu du vilain terrassé par Iron Man dans Tales of Suspense 73 (incidemment mis en scène par Roy Thomas quelques mois plus tôt) et introduit dans Avengers 47-48, prend une part de plus en plus active dans la série qui l'accueille successivement dans ses numéros 53 et 54, puis à l'occasion de l'aventure africaine des Avengers (Avengers 61-62), ceci sans être membre à part entière de l'équipe. Le Black Knight n'est pas le seul personnage revisité par Roy Thomas qui, plutôt que de se plier à des personnages aux caractères pré-définis, préfère les adapter à ses propres besoins. Il en ira ainsi de Goliath (ex-Giant-Man, ex-Ant-Man) et de Hawkeye, deux piliers du groupe respectivement présents depuis Avengers 1 et 16. Le premier, dont le pouvoir (de changer de taille) est sujet à fluctuations, devient Yellowjacket au terme d'une crise de schizophrénie aigüe qui précipite ses épousailles avec Janet Van Dyne, alias The Wasp (Avengers 59-60). Sa folie passagère (mais tous ces personnages aux identités doubles, voire multiples, n'ont-ils pas un grain ?) laisse vacante une place que va s'empresser de combler Hawkeye qui, laissant tomber arc et carquois, prend le nom de Goliath après avoir goûté à une potion concoctée par Henry Pym (Avengers 63), un rôle qu'il tiendra jusqu'au numéro 98 (où il reprend son identité d'Hawkeye), toujours sous la coupe de Thomas !)... Bref, si le casting n'a pas bougé d'un pouce, de nouveaux costumes font leur apparition. Heureusement, Roy Thomas n'est pas capable que de quelques tours de passe-passe propres à épater la galerie ; il peut aussi créer de toute pièce, comme l'atteste l'excellent Avengers 57 qui introduit The Vision, un être synthétique, un androïde ou "synthézoïde", reconstruit à partir de l'esprit de Wonder Man (personnage apparu, et disparu, dans Avengers 9) et du corps de la Human Torch du Golden Age. La complexité de ses origines, combinée à une perte de mémoire qui fera durer le plaisir, et la sagesse toute empreinte de robotique du personnage en font, sinon le monsieur Spock du groupe, l'un des héros les plus attachants et les plus marquants de toute cette période, et au-delà. Il n'est donc pas étonnant que The Vision, véritable mémoire du groupe, soit demeuré toutes ces années durant le lien fondamental entre toutes les générations d'Avengers qui se succédèrent sur la série, maillon inamovible et indéfectible d'une chaîne apparemment sans fin. Un beau cadeau de Roy Thomas au Marvel universe, en somme... D'autant que l'arrivée de The Vision coïncide également avec celle d'Ultron, un robot vindicatif qui, de modèle en modèle successifs, poursuivra de sa haine implacable le groupe en mouvement perpétuel.



Efficace, Roy Thomas se montre moins naïf que Stan Lee, construisant patiemment la trame qu'il s'est fixé et n'hésitant pas à livrer des histoires en deux ou trois parties. Ses récits mettent l'emphase sur les relations entre les personnages sans en exclure les aspects propres au genre. Qu'ils traduisent une action échevelée ou une situation tragique (la mort de Barney Barton, frère de Hawkeye, dans Avengers 64), la qualité de ceux-ci est rehaussé par un graphisme supérieur, celui de John Buscema qui, après une période d'adaptation, a trouvé ses marques. Puissant et délié, son style tranche de manière éclatante sur celui de la production Marvel du moment. Rares sont ceux qui peuvent rivaliser avec son trait réaliste si prompt à emflammer les esprits et les imaginations. Pourtant, cette association est brutalement rompue, John Buscema ayant décidé de s'investir totalement sur une série lancée quelques mois plus tôt, celle-là même qui allait marquer définitivement sa carrière, The Silver Surfer. En effet, Gene Colan, génial dessinateur de Daredevil jusque là, s'installe sur Avengers à partir du numéro 63. Entre les George Tuska et autres Don Heck, Marvel (ou Roy Thomas ?) ne pouvait mieux choisir pour faire oublier "Big" John. En trois numéros superbes, levant notamment le voile sur les origines de Hawkeye et les liens qui l'unissent au Swordsman, Gene Colan entraîne les personnages dans une atmosphère plus sombre que ne saura malheureusement pas poursuivre son successeur immédiat, un jeune anglais un peu maladroit mais qui saura se faire un nom sur Conan the Barbarian, Barry Smith. Ce dernier ne reste sur le titre que le temps de deux épisodes qui ramènent sur le devant de la scène une nouvelle version d'Ultron. Six mois après le départ de John, Sal Buscema prend la relève de son frère...


 

Voir aussi : Strange Spécial Origines 154bis / Ant-Man aux éditions Lug / Avengers : les années Buscema (1) / Avengers : les années Buscema (3) / La Vision dans Scarce 49 / Stan Lee raconte la Veuve Noire  /  Black Panther  /  Le manoir et le quinjet des Vengeurs
 
 



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