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Avengers : les années Buscema  1ère partie  (paru dans Scarce 49) par Yvan Marie



De juillet 1967 à mai 1971, Avengers connaît une période magique qui, d'une certaineThe Avengers 42 par Roy Thomas et John Buscema manière, constitue le creuset de la série telle que nous l'avons connue jusqu'à ces dernières années (du moins, jusqu'à ce que Robbie et sa clique ne décident de tout reprendre à zéro...). Artisans de cette reprise en main, Roy Thomas et John Buscema y scellent le début d'une longue collaboration qui trouvera sa consécration dans les pages de Conan the Barbarian.




Depuis la création de Fantastic Four, Marvel a fait son chemin et aligne dorénavant la plupart des personnages qui l'ont sauvé d'une disparition certaine au début des années soixante et que nous connaissons encore aujourd'hui. Seul maître à bord depuis cette resurrection inespérée, Stan Lee, scénariste polyforme, ne peut plus assumer la charge de travail que représente plus d'une dizaine de titres mensuels. Il décide donc de se décharger en recrutant de nouveaux auteurs, parmi lesquels Roy Thomas, tout droit pêché du vivier de DC.


Entré chez Marvel courant 1965, Roy William Thomas Jr trouve avec Avengers son premier emploi "longue durée". Dans l'intervalle, il aura eu l'occasion de mettre épisodiquement en scène nombre de personnages de la compagnie (Millie the Model, Doctor Strange, Iron Man, Captain America ou Namor), papillonnant sans état d'âme d'une série à l'autre (Millie the Model, Strange Tales, Tales of Suspense, Tales to Astonish). Sur le titre depuis décembre 1966 (Avengers 35), Roy Thomas évolue d';abord en tandem avec Stan Lee, avant que ce dernier ne se catapulte seul et unique editor de la compagnie (titre que l'on pourrait traduire par "directeur littéraire"). Outre que cette nouvelle fonction atteste la naissance d'une structuration éditoriale au sein de Marvel, on note que la notion d'editor in chief ("directeur de collection") n'existe toujours pas, devant marquer une étape ultérieure dans la sectorialisation de la "maison des idées". Sous la conduite, sans doute appuyée, de son mentor, le scénariste signe quelques numéros que Don Heck met en images, avant que n'arrive John Buscema (Avengers 41), lui aussi fraîchement embauché par Stan Lee (en fait, à l'époque, il n'a dessiné pour Marvel qu'une poignée de comics, parmi lesquels trois épisodes de Incredible Hulk parus dans Tales to Astonish 85-87). Graphiste publicitaire à la carrière contrariée par une longue incursion dans le comic book tout au long des années cinquante (où on le retrouve chez Orbit, Western, Dell Publishing et... Marvel), John Buscema, outre un long séjour sur une bande de western, Roy Rogers Comics (série pour laquelle il signera deux histoires pour chacun des numéros 74 à 108), s'était fait une spécialité des histoires courtes de type policier ou de romance. Dans ses premiers épisodes d'Avengers, on sent d'ailleurs très nettement, aux portraits féminins très "mode" qu'il fait de Scarlet Witch, Black Widow et The Wasp, l'influence nostalgique qu'il conserve de ses romance comics d'un autre temps... A l'inverse, son Thor au casque de guingois (Avengers 45, page 5) est un monument d'approximation, en même temps que preuve de précipitation et source de rires !


Si l'empreinte, certains parleront de main-mise, de Stan Lee continue de se faire pesamment sentir (on se souviendra des incessants renvois signés Smiley, Rascally, solicitous Stan, stickler Stan, sarcastic Stan, Stan, the workingman's friend, stool-pigeon Stan, synchronizing Stan et autres stingy Stan, sans oublier l'inénarrable Guess Who ?, qui émaillent généreusement certains bas de case jusqu'aux alentours du numéro 50), le "maître" n'en finira pas moins par lâcher prise, abandonnant à son poulain, enfin maté (?), la direction des opérations. Et les traces de cette liberté nouvellement conquise sont visibles. A commencer par le traitement de Hercules qui, introduit à grand gracas dans l'univers Marvel en janvier 1965 et à l'occasion de Journey into Mystery Annual 1 (où il affronte Thor), gravite autour du groupe depuis Avengers 38 ; omniprésent, le personnage dvient membre officiel de l'équipe à l'issue d'une manifestation publique mouvementée (car perturbée par le Super-Adaptoïd) dans Avengers 45, cette promotion ayant été plus que vraisemblablement initié par Stan Lee, un fervent adepte de la mythologie. Or, un temps "endimanché" et rasé de près (dans une version qui n'est pas sans rappeler celle, ultérieure, de Wallace Wood sur Hercules Unbound, pour DC), Hercules abandonne ses compagnons au terme d'un voyage qui le ramène définitivement en Olympe (Avengers 49-50 sur lesquels John Buscema fait merveille en s'encrant lui-même, sans doute pour la première fois !)... Mais Hercules n'est pas le seul à rejoindre ses pénates, Captain America l'ayant précédé de peu pour aller vivre sa vie en solo (Avengers 46), et Scarlet Witch et Quicksilver ayant été détournés de leur toute nouvelle carrière de justiciers par... Magneto, pour ce qu'ils ne savent pas encore être une "histoire de famille" (Avengers 47-49). La réapparition fortuite de deux des membres fondateurs, Thor et Iron Man (rayés des cadres depuis Avengers 16), ne suffit pas à faire oublier que le groupe s'est considérablement amoindri en l'espace de quelques mois seulement... De plus en plus sûr de lui, Roy Thomas poursuit donc son oeuvre de rénovation.


                                                                                                           A suivre...

 
 
 
 



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