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La malédiction de l'Homme Fourmi  1ère partie  (tiré de Pop Corn 15 de juillet 2015)





Le film Ant-Man aura connu une genèse mouvementée, à l'image de l'évolution de son héros, longtemps considéré comme un vilain petit canard de la Marvel : misogyne, schizophrène ou même zombie décomposé... Le passé de l'Homme Fourmi est plus sombre qu'il n'y paraît.                                                                                                       
                                                                                                           Texte Olivier Lehmann





Boaz Yakin, scénariste du Punisher de 1989, explique dans le livre Marvel Comics: The Untold Story : "Stan Lee aimait Ant-Man au-delà du raisonnable et tout le monde s'en fichait." Il précise : "Il voulait tellement écrire un scénario autour de ce personnage que j'ai vraiment dû plaider contre. Parce qu'il ne faut pas se leurrer : Ant-Man peut rétrécir, se glisser dans le trou de serrure d'un tiroir de bureau et jeter un oeil sur des documents secrets... Mais à part ça ?" Ces propos décomplexés montrent à quel point le personnage de l'Homme Fourmi passionnait peu les foules à l'époque. Au point d'ailleurs que, à la fin des années 1980, le projet d'adaptation cinématographique porté par New World, société parente de la Marvel à l'époque, est rapidement abandonné. Le héros exerce, aujourd'hui encore, une sincère fascination, non seulement à cause de la moralité parfois contestable de ses actions, mais plus encore en raison de sa personnalité particulièrement chaotique...



Personnalité multiple

C'est sous la plume de Stan Lee, Larry Lieber et Jack Kirby que naît le personnage de Henry "Hank" Pym (incarné par Michael Douglas dans le long-métrage), qui deviendra plus tard Ant-Man. Première apparition dans les pages de Tales to Astonish n°27 en janvier 1962 et, déjà, premier appel à l'aide : après avoir découvert et testé sur lui un procédé qui permet de rapetisser des objets, Pym se voit réduit à l'état d'un lilliputien, coincé dans une fourmilière. Il s'en tire de justesse grâce à l'intervention d'une fourmi. Cette expérience traumatisante, qui le pousse à concevoir un costume et un casque cybernétique pour communiquer avec les fourmis, s'ajoute à une longue suite d'événements malheureux. Quelques années auparavant, lors d'un voyage à l'étranger, sa femme Maria Trovaya fut en effet kidnappée par des révolutionnaires avant d'être assassinée, malgré les efforts de son conjoint pour la sauver. Ce sentiment d'impuissance face aux événements se développe en filigrane tout au long de sa vie, jusqu'à dégénérer en complexe d'infériorité lorsqu'il intègre les Avengers. Et même s'il se trouve à l'origine du groupe, Pym se considère trop faible par rapport à ses membres. Il se crée alors une nouvelle identité en mettant au point un procédé inédit qui lui donne les moyens de décupler sa taille.




Giant-Man

Giant-Man entre alors en scène en novembre 1963. Ce changement d'identité se produira plusieurs fois de suite au fil des années et occasionnera un vrai désordre mental chez le personnage, Hank Pym devenant donc tour à tour Ant-Man, Giant-Man, Goliath, puis Pourpoint Jaune (Yellowjacket). Névrosé, le héros ira jusqu'à faire attaquer les Avengers par un robot de sa fabrication, qu'il désactivera lui-même pour leur montrer son importance au sein de l'équipe ! Mais ce n'est pas tout, car, dans le civil, Ant-Man se retrouve incarné par deux autres individus. A commencer par Scott Lang en 1979, un voleur qui s'approprie le costume du superhéros pour tenter de sauver sa fillette d'une maladie cardiaque. Interprété par Paul Rudd, Lang va s'associer dans le film avec l'Ant-Man original, Hank Pym, pour contrer le terrible danger qui menace le monde. Puis, en 2006, suit l'agent du SHIELD, Eric O'Grady, qui dérobe la tenue d'Ant-Man et l'utilise pour séduire les femmes et tourmenter ses ennemis...




Misogyne violent

Avec sa schizophrénie galopante, surtout sous l'identité du Pourpoint Jaune, Pym aurait pu faire un superhéros passionnant sur grand écran. Mais c'était sans compter l'une de ses facettes secrètes particulièrement incompatibles avec le nouveau Marvel Universe, et notamment la notion de féminisme plus que jamais prônée ces temps-ci par la compagnie : son comportement violent avec les femmes et, en particulier, avec son épouse. "Hank Pym a fait un tas de choses dans les comics qui sont super-cool. La manière dont Michael Douglas l'interprète est encore plus unique. Mais je peux vous dire que, dans le film, il ne va pas tomber dans la violence conjugale", indique d'ailleurs Kevin Feige, président de la Marvel. En effet, la mysogynie du personnage ne semble plus à prouver, tant sa relation avec sa nouvelle compagne Janet Van Dyne, alias La Guêpe, se fait tendue au fil des comics. D'ailleurs, en 1963, au cours de son procès pour violence inappropriée envers la sorcière Elfqueen, qu'il a frappée au moment où elle déposait les armes (autre preuve tangible de son mépris des femmes), Pym, dans son costume de Pourpoint Jaune, gifle si violemment Janet qu'elle tombe lourdement à terre. Il en vient même plus tard à la kidnapper pour la forcer à l'épouser.


A suivre...



 
 
 
 



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